Des milliers de personnes ont manifesté vendredi à Alger, bravant le froid et le jeûne du ramadan, pour réclamer la libération des militants récemment incarcérés du Hirak, le mouvement populaire antirégime, selon un journaliste de l'AFP.Comme chaque vendredi depuis fin février, un premier cortège a défilé de la rue Didouche Mourad, principale artère du centre de la capitale, en direction de la Grande Poste, lieu emblématique de rassemblement des hirakistes. Ils ont été rejoints après la prière hebdomadaire du vendredi par des cortèges, plus fournis, venus notamment des quartiers populaires de Bab El Oued et de Belouizdad. Derrière une banderole affirmant "Liberté pour tous les détenus d'opinion, manifester pacifiquement n'est pas un crime", la marche hebdomadaire, hérissée de parapluies et de portraits de prisonniers, s'est tenue dans le calme dans les artères du centre-ville, en dépit d'un froid mordant, de la pluie et du jeûne du mois sacré du ramadan qui a débuté mardi. Les manifestants ont mis en avant les 23 militants arrêtés lors d'une marche du Hirak le 3 avril à Alger et qui observent une grève de la faim depuis le 7 avril, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Incarcérés à la prison algéroise d'El Harrach, ils sont poursuivis pour "atteinte à l'unité nationale et attroupement non armé". Jeudi, huit associations algériennes de défense des droits humains se sont inquiétées de la dégradation de leur état de santé. Scandant "Etat civil et non militaire", pour la démilitarisation du régime, les protestataires, toutes générations confondues, ont réitéré leur rejet des élections législatives du 12 juin: "Pas d'élections avec les partis ventrus", une allusion aux formations politiques proches du pouvoir, accusées de corruption par les hirakistes. Dans un message à l'occasion de la "journée du savoir", jeudi, le président Abdelamadjid Tebboune a exhorté "la société algérienne (...) à s'exprimer lors des échéances politiques à venir, en toute liberté et par les voies les plus civilisées". Les opposants dénoncent, quant à eux, à chacun de leurs rassemblements, un scrutin qualifié de "mascarade". Les principaux partis de l'opposition laïque ont décidé de le boycotter. Des marches du Hirak ont également eu lieu en province, en Kabylie notamment, à la veille du 20e anniversaire de la répression des émeutes du "Printemps noir" en avril 2001 (126 morts et des milliers de blessés). (Belga)