Karim Tabbou, une figure de proue du mouvement de contestation en Algérie, a été condamné mercredi à un an de prison dont six mois ferme, a indiqué à l'AFP Saïdi Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH). "Il s'agit d'une condamnation, cela s'inscrit dans la logique de durcissement de la justice. Le verdict est lourd", a estimé M. Salhi, en précisant que M. Tabbou serait "libéré le 26 mars" quand il aura fini de purger sa peine. Placé en détention une première fois le 12 septembre après avoir été inculpé "d'atteinte au moral de l'armée" par un tribunal de Tipaza, à l'ouest d'Alger, il avait été remis en liberté le 25 septembre. A nouveau arrêté dès le lendemain, il avait été inculpé cette fois d'"incitation à la violence" et une nouvelle fois incarcéré. Mercredi, le tribunal de Sidi M'hamed à Alger n'a pas retenu contre lui l'"incitation à la violence" mais l'a "condamné pour atteinte à l'unité nationale", a déclaré à l'AFP l'un de ses avocats. Durant son procès - à l'issue duquel le procureur avait requis une peine de quatre ans de prison ferme le 4 mars -, Karim Tabbou avait rejeté toutes les charges. Chef d'un petit parti d'opposition non enregistré, l'Union démocratique et sociale (UDS), M. Tabbou, 46 ans, est un opposant politique, devenu l'une des personnalités les plus populaires du "Hirak", le mouvement de protestation antirégime qui secoue l'Algérie depuis plus d'un an. Son portrait est régulièrement brandi lors des manifestations hebdomadaires. Si le "Hirak" n'a pas de structure formelle, Karim Tabbou en est l'un des visages et l'une des voix. (Belga)