Des eurodéputés de différents groupes politiques ont défendu mercredi le système d'étiquetage nutritionnel simplifié Nutri-Score, qu'ils voudraient voir s'étendre dans l'Union européenne, en dépit de fortes critiques italiennes. "On veut instaurer un rapport de force vertueux en faveur du consommateur", a déclaré la députée européenne écologiste Michèle Rivasi, lors d'une conférence de presse à Strasbourg. Introduit facultativement en France, Belgique, Espagne, Pays-Bas et bientôt en Allemagne, le Nutri-Score attribue cinq lettres (A, B, C, D, E) et un code couleurs allant du vert au rouge selon la qualité nutritionnelle de l'aliment. "L'idée du Nutri-Score est de reprendre les valeurs incompréhensibles des tableaux nutritionnels et de les transformer dans un indicateur simple", a expliqué le créateur de ce système, le professeur français Serge Hercberg. Depuis quelques mois, ce système est la cible de vives critiques en Italie, notamment du chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, qui l'a dénoncé en décembre comme étant un "pacte secret" de Bruxelles contre les spécialités italiennes car des produits tels que le prosciutto ou le gorgonzola ont des notes Nutri-Score basses. "Nutri-Score ne vise pas à pénaliser un pays, il vise à donner une transparence sur la qualité nutritionnelle de l'ensemble des aliments et à aider les consommateurs à orienter leurs choix" et à manger seulement en petite quantité les produits mal notés, a défendu M. Hercberg. Dans son projet de "Pacte vert" de transition énergétique, la Commission européenne envisage une harmonisation du système d'étiquetage des produits alimentaires. "Il faut que le Nutri-Score soit clairement nommé", a souhaité Michèle Rivasi. A ses côtés, l'eurodéputée polonaise conservatrice Roza Thun a défendu le système Nutri-Score comme permettant de comparer des produits semblables, tandis que la sociale-démocrate croate Biljana Borzan et la Française Véronique Trillet-Lenoir (LREM) y ont vu un outil de lutte contre l'obésité. Une initiative citoyenne européenne demandant de rendre le Nutri-Score obligatoire dans l'UE, lancée début mai, n'a actuellement recueilli que 86.000 signatures sur le million nécessaire. (Belga)