Au cours d'une action menée mercredi, des activistes d'Amnesty International ont tiré 500 balles de golf sur la pelouse de l'ambassade d'Arabie saoudite à Bruxelles. L'événement, symbolique, est une forme de réponse au 'Saudi Ladies International', le tout premier tournoi de golf féminin organisé dans le pays, qui se tiendra du 19 au 22 mars. Amnesty International voit ce rendez-vous sportif comme un simulacre et exige la libération de la militante pour les droits des femmes Loujain Al-Hathloul. Cette dernière est emprisonnée depuis près de deux ans et sera une nouvelle fois présentée à un juge le 18 mars. Elle a notamment mené campagne contre l'interdiction de conduire imposée aux femmes et pour l'abolition du système de tutelle masculine en vigueur dans son pays. Si la gent féminine a, entre-temps, obtenu le droit de prendre le volant, Loujain Al-Hathloul est toujours derrière les barreaux à l'heure actuelle. "Dans les premiers mois de sa captivité, Loujain a été abusée sexuellement et a même été enfermée 'incommunicado', c'est-à-dire qu'elle n'a pas pu avoir de contacts ni avec sa famille, ni avec un avocat", explique la porte-parole d'Amnesty International en Flandre. La semaine prochaine, l'Arabie saoudite organise un tournoi de golf réservé aux femmes, ce que l'organisation de défense des droits humains ne voit pas d'un œil bienveillant. Au royaume des Saoud, 13 activistes des droits des femmes sont toujours persécutées pour leurs manifestations pacifiques. Cinq d'entre elles croupissent actuellement en prison. Les huit autres jouissent, pour l'heure, de leur liberté mais risquent une condamnation sanctionnant leur lutte. "Ils utilisent ce genre d'événements pour polir leur image à l'étranger alors que les droits des femmes sont toujours autant bafoués dans le pays", conclut la porte-parole d'Amnesty International en Flandre. (Belga)