Près de 10.000 personnes ont défilé vendredi à Erevan pour commémorer les massacres d'Arméniens par l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, que le président américain Joe Biden pourrait reconnaitre comme un génocide.La foule, portant des flambeaux, s'est rendu depuis le centre-ville jusqu'au mémorial dédié aux victimes et surplombant la capitale arménienne. Certains manifestants scandaient des chants patriotiques, d'autres jouaient du tambour, a constaté une journaliste de l'AFP. Des militants du parti nationaliste et d'opposition Fédération révolutionnaire arménienne (FRA), qui étaient à la tête du cortège, ont aussi brûlé des drapeaux turcs et azerbaïdjanais. Cette marche, organisée tous les ans la veille du 24 avril, jour du début des massacres en 1915, est la première depuis la défaite de l'Arménie cet automne dans la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, face à l'Azerbaïdjan soutenu par la Turquie. Elle intervient aussi alors que Joe Biden pourrait reconnaitre prochainement les massacres d'Arméniens pendant la Première guerre mondiale comme un génocide, selon le New York Times et le Wall Street Journal. Vendredi, une porte-parole du département d'Etat américain a indiqué qu'une "annonce" sur le "génocide arménien" est attendue samedi. Le génocide arménien est reconnu par une trentaine de pays et la communauté des historiens. Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont alors été tués par l'Empire ottoman. Mais Ankara refuse l'utilisation du terme "génocide" et récuse toute velléité d'extermination, évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps. Une reconnaissance par Washington risque de tendre encore davantage les tensions actuelles avec Ankara, membre de l'Otan. "Si Biden reconnaît le génocide, ce sera un immense soutien moral pour notre peuple", tranche pour sa part Hasmik Martirosian, 46 ans, qui participait vendredi soir à la marche d'Erevan. L'Arménie demande depuis des années des compensations financières à la Turquie et le rétablissement des droits de propriété des descendants des victimes des massacres désignés en arménien Meds Yeghern (Le Grand Crime). (Belga)