L'administration Biden, confrontée à un afflux de milliers de mineurs non accompagnés à la frontière américano-mexicaine, a demandé samedi à une agence fédérale de venir en aide aux structures d'hébergement débordées.Le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas a ordonné à l'agence américaine de gestion des situations d'urgence (FEMA) de participer, pendant trois mois, à une initiative visant à assurer un hébergement temporaire en toute sécurité aux enfants puis à les remettre à des personnes qui s'en occuperont, généralement des proches déjà installés aux Etats-Unis. "Notre objectif est de faire en sorte que les enfants non accompagnés soient transférés au HHS (ministère de la Santé, ndlr) aussi rapidement que possible, conformément aux exigences légales et dans leur meilleur intérêt", a expliqué Alejandro Mayorkas dans un communiqué. Le ministère de la Santé s'occupe actuellement de quelque 8.800 jeunes migrants et le service des douanes et de protection des frontières (CBP) en a pris des centaines en charge, alors que les arrivées quotidiennes se poursuivent. Sur le seul mois de février, le CBP a intercepté 9.457 mineurs non accompagnés à la frontière sud du pays. Le nombre de migrants mineurs arrivés seuls à la frontière avec le Mexique était tombé à un plus bas, 741, en avril 2020, et n'a cessé de remonter depuis pour s'établir à 5.871 en janvier. "Le gouvernement fédéral réagit à l'arrivée d'un nombre record de personnes, dont des enfants non accompagnés, à la frontière sud-ouest", a affirmé le ministère de la Sécurité intérieure dans un communiqué. "Depuis avril 2020", leur nombre a augmenté "en raison de la violence, des catastrophes naturelles, de l'insécurité alimentaire et de la pauvreté" dans les pays d'Amérique centrale, explique-t-il. Comme Donald Trump, le nouveau gouvernement démocrate continue de refouler les immigrés ayant traversé la frontière illégalement. Mais le président Joe Biden a décidé de ne pas renvoyer les mineurs isolés, et ceux-ci affluent à la frontière alors que les places sont limitées par la pandémie de Covid-19 dans les structures d'hébergement. Les détracteurs de cette politique soulignent notamment que les séjours des enfants dans ces structures peuvent durer des mois. (Belga)