La Grèce espère trouver une "base commune" avec la Turquie "pour résoudre leur différend", a déclaré mardi à Athènes le ministre grec des Affaires étrangères à l'issue d'un deuxième round de négociations entre les deux pays voisins qui se disputent sur la délimitation des eaux en Méditerranée orientale."Nous espérons que (ces contacts) vont conduire à trouver une base commune pour résoudre notre seul différend avec la Turquie: celui de la délimitation de la zone économique exclusive et du plateau continental en mer Egée et en Méditerranée orientale, sur la base du droit international et de la convention onusienne sur le droit de la mer", a déclaré devant la presse le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias. Entamées en fin matinée mardi dans un hôtel d'Athènes, les discussions entre diplomates grecs et turcs se sont tenues dans un climat pesant, au lendemain d'une mise en garde d'Ankara à la Grèce, l'UE et Israël. Dans une note diplomatique, lundi, la Turquie a prévenu qu'elle devra donner son autorisation pour tous éventuels travaux dans le plateau continental revendiqué par Ankara en Méditerranée orientale, frontière extérieure de l'UE. Selon des médias turcs, la démarche d'Ankara est la réaction à un accord signé le 8 mars entre Chypre, la Grèce et Israël pour la mise en oeuvre du plus long câble électrique sous-marin au monde, de plus d'un millier de kilomètres, qui passerait sous le plateau continental revendiqué par la Turquie. Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a exprimé lundi "de sérieuses préoccupations en ce qui concerne les divergences de vues (entre alliés) en Méditerranée orientale, la décision de la Turquie d'acheter le système de défense antimissiles russe S400 et les violations des droits démocratiques en Turquie". "La Grèce veut transformer les questions gréco-turques en un problème entre la Turquie et l'UE et entre la Turquie et les Etats-Unis", avait dénoncé lundi le ministre turc de la Défense Hulusi Akar. "Nous ne l'acceptons pas" et "cela ne va conduire nulle part", avait-il prévenu. Il avait toutefois souligné "l'importance des discussions exploratoires" et celles qui auront lieu dans une semaine entre les pays membres de l'Otan, ajoutant qu'Ankara était prêt à "discuter sur tout sujet". (Belga)