Le bilan d'une attaque contre un village du Sud-Kivu dans l'Est de la République démocratique du Congo, a été revu lundi à la hausse, et a suscité des appels à l'aide de députés provinciaux au gouvernement central.Le bilan a été "réévalué à 18 civils tués après la découverte de nouveaux corps", ont indiqué les chercheurs du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), qui s'appuient sur un réseau de sources locales. Un premier bilan faisait état samedi de quatre à cinq civils tués, ainsi que huit miliciens. Les violences ont eu lieu jeudi dans une zone reculée des hauts-plateaux de Fizi qui surplombent le lac Tanganyika, où un conflit a éclaté il y a plus d'un an. Ce conflit oppose des Congolais tustis rwandophones (les Banyamulenge) à d'autres communautés locales (Babembe, Bafuliro et Banyindu). Une coalition de milices banyamulenge "a attaqué jeudi le village de Kipupu", d'après des sources locales, qui citent notamment la milice Gumino. "Il est à ce jour rapporté par les sources locales que plus de 220 personnes ont été massacrées", ont écrit pour leur part lundi dans une déclaration des députés provinciaux du Sud-Kivu, un très lourd bilan parfaitement invérifiable. Jointe par l'AFP, la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) affirme n'avoir aucun élément sur les violences de jeudi dernier. Les députés provinciaux dénoncent également "des femmes violées, plusieurs maisons incendiées et du bétail emporté". Ils dénoncent encore "les incursions des armées étrangères" dans ce conflit aux frontières du Burundi et du Rwanda. D'autres sources locales accusent des rebelles burundais présents dans la zone de soutenir les milices banyamulenge. "La situation est complexe. On ne sait pas qui se bat avec qui", résume l'évêque de la ville voisine d'Uvira, Sébastien Muyengo Mulombe, joint lundi par l'AFP. Dans leur déclaration, les députés de l'Assemblée provinciale demandent au gouvernement central de mettre "hors d'état de nuire les auteurs de ce carnage" et de renforcer les "effectifs militaires" dans le Sud-Kivu. Ces violences trouvent leur origine dans des différends fonciers liés à la gestion des pâturages et des champs. Les Banyamulenge sont plutôt des éleveurs et les autres communautés, des cultivateurs. (Belga)