Le négociateur européen Michel Barnier a jugé jeudi "peu probable" à ce stade que les 27 et le Royaume-Uni parviennent à un accord commercial dans le cadre des négociations sur leur relation post-Brexit. A l'issue d'un nouveau cycle de négociations à Londres, M. Barnier a souligné que "peu de progrès" ont été effectués sur deux sujets cruciaux: les conditions de concurrence équitable et la pêche. "Par son refus actuel de s'engager sur les conditions d'une concurrence équitable et d'un accord équilibré sur la pêche, le Royaume-Uni rend un accord commercial à ce stade peu probable", a déclaré le négociateur européen lors d'une conférence de presse. Son homologue britannique David Frost a de son côté déploré qu'aucun accord ne puisse être trouvé avant la fin juillet comme l'avait espéré le Premier ministre Boris Johnson. "Malheureusement, il est clair que nous ne conclurons pas en juillet l'accord préliminaire sur les principes sous-tendant un accord que nous avions posé comme objectif" dans les discussions, a souligné David Frost dans un communiqué. "Des divergences considérables subsistent dans les domaines les plus difficiles, soit des conditions de concurrence égales et la pêche", a-t-il ajouté. Le Premier ministre Boris Johnson avait dans un premier temps exprimé sa volonté de conclure les négociations d'ici à la fin juillet, estimant inutile de poursuivre les discussions jusqu'à l'automne. Après 47 ans d'un mariage houleux, le Royaume-Uni a quitté l'UE le 31 janvier, mais le pays a jusqu'à la fin de la période de transition, fixée au 31 décembre, pour conclure un accord commercial avec son ancien partenaire. Si l'UE et son ancien partenaire ne parviennent pas à se mettre d'accord, seules les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés, s'appliqueraient à partir de janvier 2021 aux relations commerciales entre Londres et les 27. (Belga)