L'Allemagne et plusieurs autres États de l'UE rejettent un projet de Bruxelles d'empêcher des pays tiers comme le Royaume-Uni, Israël et la Suisse de participer à des programmes européens de recherche sur les technologies quantiques et spatiales, ont indiqué mardi des diplomates.La Commission européenne est en train d'établir une feuille de route pour les projets de recherche européens des prochaines années. Des diplomates craignent sa volonté de restreindre trop durement les partenariats avec des pays tiers, estimant qu'elle pourrait nuire à l'avancée de ces programmes au nom du renforcement de l'autonomie stratégique de l'UE. La Commission redoute de son côté que des savoirs tombent entre les mains des États-Unis ou de la Chine par l'intermédiaire d'entreprises participantes, a indiqué un diplomate. Selon plusieurs sources, la Commission voudrait par exemple empêcher la Suisse de participer à des projets de recherche spatiale. Mais la semaine dernière, l'Allemagne s'y est fermement opposée, appelant à la "pleine participation" du Royaume-Uni, de la Suisse et d'Israël à des projets de recherche à plusieurs milliards d'euros sur les technologies quantiques et spatiales. "Dans les technologies quantiques en particulier, ces pays ont traditionnellement été des partenaires importants et devraient le rester à l'avenir", a déclaré le ministre allemand de la Recherche, Thomas Rachel, à Science|Business, un site d'information spécialisé. Selon des diplomates européens et d'autres sources proches du dossier, la décision de bloquer les pays non membres de l'UE est soutenue par Thierry Breton, le commissaire européen en charge du numérique, de l'espace et de la défense. "Si c'est à cela que ressemble l'autonomie stratégique de M. Breton, on va avoir des problèmes", a raillé un diplomate européen. Contactée par l'AFP, la Commission n'a pas souhaité faire de commentaire sur un processus en cours. Selon des diplomates, plusieurs États membres ont exprimé leur opposition lors d'une réunion la semaine dernière et la proposition sera de nouveau examinée en avril. Des universitaires estiment que la recherche européenne risque de se tirer une balle dans le pied en mettant fin à des partenariats anciens. La mise à l'écart de la Suisse, d'Israël et du Royaume-Uni n'est "pas dans l'intérêt de la communauté des chercheurs européens ni de la société au sens large et pourrait nuire à la coopération internationale", a estimé Thomas Hoffmann, directeur de l'Alliance des universités EuroTech, dans une lettre au ministre de la Recherche du Portugal, pays qui assure la présidence tournante de l'UE. M. Hoffmann a notamment reçu le soutien de l'École Polytechnique en France et de l'Institut de technologie d'Israël Technion. (Belga)