Une centaine d'organisations de défense des droits humains appellent, dans une lettre ouverte publiée mercredi, l'Onu à décréter un embargo sur les armes à destination du Myanmar, secoué par un coup d'État militaire porté le 1er février. Depuis lors, les autorités birmanes ont intensifié le recours à la force et trois manifestants sont morts dans les mobilisations en faveur de la démocratie.Le chef de la junte, le général en chef de l'armée Min Aung Hlaing, a pris le pouvoir en Birmanie à la faveur d'un putsch, l'armée affirmant que les élections de novembre dernier remportées haut la main par le parti de Aung San Suu Kyi, le Ligue nationale pour la démocratie (LND), ont été entachées de nombreuses fraudes. La cheffe du gouvernement civil, Mme Suu Kyi, le président Win Myint et d'autres personnalités politiques de premier plan ont été arrêtés lors d'opérations menées à l'aube du 1er février. Dans sa lettre, la centaine d'organisations de lutte pour les droits humains, parmi lesquelles Human Rights Watch, Global Witnesse et l'Institut pour la démocratie en Asie, presse le Conseil de sécurité des Nations unies et les membres de l'Onu d'imposer un embargo mondial sur les armes à destination de la Birmanie. "Toute vente ou transfert de matériel militaire vers la Birmanie peut fournir les moyens (à la junte, NDLR) de continuer la répression orchestrée contre le peuple birman, en violation des lois humanitaires et du droit international", soulignent les signataires. "Cela fait des décennies que la réponse du Conseil de sécurité aux crimes perpétrés par les forces birmanes est inadéquate, encourageant de cet fait l'armée à poursuivre ses abus sans craindre de sérieuses conséquences. La crise actuelle demande un changement de cap", poursuivent-ils. Des appels à la grève générale ont amplifié le mouvement de désobéissance civile, malgré les menaces de représailles de la junte. (Belga)