Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a défendu les droits humains et appelé à la fin de la guerre au Yémen lors de son premier entretien téléphonique avec son homologue saoudien Fayçal ben Farhan, a rapporté samedi le département d'Etat américain.Lors de leur appel, vendredi, les deux hommes "ont évoqué la sécurité régionale, la lutte contre le terrorisme et la coopération pour empêcher les attaques contre le royaume" saoudien et le "défendre" contre celles-ci, a affirmé le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price dans un communiqué. "Le secrétaire d'Etat a souligné plusieurs priorités-clés du nouveau gouvernement, dont la promotion des droits humains et les efforts pour mettre fin à la guerre au Yémen", a-t-il ajouté. L'ex-président Donald Trump était accusé par ses détracteurs d'être peu regardant sur les droits humains dans son soutien aux dirigeants saoudiens. Lorsque le prince héritier Mohammed Ben Salmane avait été considéré, par le Congrès américain, "responsable" de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le milliardaire républicain lui avait réaffirmé son soutien, expliquant que la relation avec cet allié-clé et les ventes d'armes à Ryad étaient plus importantes que toute autre considération. M. Farhan a félicité son homologue américain pour sa nomination et a affirmé que Ryad avait hâte de travailler avec Washington pour faire face à leurs "défis communs", a rapporté de son côté l'agence de presse officielle saoudienne (SPA). Elle a précisé que l'Arabie saoudite était notamment disposé à coopérer pour soutenir "la sécurité et la stabilité dans la région". Les deux hommes ont également discuté des "relations historiques et stratégiques" entre leurs pays, a ajouté SPA. Cet entretien téléphonique intervient après l'engagement jeudi du président américain Joe Biden à soutenir les "efforts diplomatiques" au Yémen, où l'Arabie saoudite dirige depuis 2015 une coalition militaire en appui des forces gouvernementales face aux rebelles Houthis soutenus par l'Iran. Le président démocrate, dans son premier discours de politique étrangère depuis qu'il a succédé à Donald Trump, a également annoncé la fin du "soutien" et des "ventes d'armes" par les Etats-Unis à cette coalition militaire. Et il a confirmé la nomination d'un diplomate chevronné, Timothy Lenderking, comme émissaire spécial des Etats-Unis pour le Yémen. En réaction, "le royaume affirme sa position de soutien à une solution politique globale de la crise yéménite, et se félicite que les Etats-Unis soulignent l'importance des efforts diplomatiques" pour la résoudre, a rapporté vendredi l'agence officielle saoudienne. Ryad a aussi salué "l'engagement" de M. Biden "à coopérer avec le royaume pour défendre sa souveraineté et pour contrer les menaces contre elle", avait-elle ajouté. Des dizaines de milliers de personnes, principalement des civils, ont été tuées et des millions d'autres ont été déplacées au cours de la guerre au Yémen qui a causé, selon l'ONU, la plus grave catastrophe humanitaire actuellement au monde. (Belga)