La Chambre des députés du Brésil a approuvé mercredi en première lecture la réforme des retraites, portée par le président Jair Bolsonaro, une étape clé pour que le gouvernement d'extrême droite retrouve la confiance des investisseurs dans l'économie brésilienne.Le texte de base, qui renforce le système de retraite du Brésil, a été approuvé par 379 voix contre 131, bien au-dessus du minimum de 308 requis (trois cinquièmes des 513 sièges) pour une réforme constitutionnelle comme celle-ci. M. Bolsonaro a félicité les députés après le vote: "Le Brésil se rapproche de plus en plus de la voie de l'emploi et de la prospérité", a-t-il écrit sur Twitter. Le projet de loi doit à présent faire l'objet d'un second vote à la Chambre, probablement avant les deux semaines de vacances parlementaires, qui commencent le 18 juillet. Il devra ensuite passer au Sénat, où il sera soumis là aussi à un double vote et doit obtenir une majorité des trois cinquièmes (49 des 81 sénateurs). La réforme des retraites est la clé de voûte de la politique libérale du gouvernement, sous la houlette du ministre de l'Economie Paulo Guedes. Celui-ci a averti d'une catastrophe si le système n'était pas réformé: les caisses de retraites avaient un déficit de 83 milliards d'euros fin 2018 (5,5% du PIB) et la population vieillit vite. Le projet initial prévoyait des économies de 1.200 milliards de réais (281 milliards d'euros) sur 10 ans, mais les modifications apportées au cours des discussions ont réduit cette somme à environ 1.000 milliards de réais (234 milliards d'euros). Une somme toujours considérée acceptable par le marché. Le Brésil est l'un des rares pays qui n'exigent pas d'âge minimum de départ à la retraite. Le système actuel permet aux femmes qui ont cotisé pendant 30 ans et aux hommes qui ont cotisé pendant 35 ans de prendre leur retraite sans âge minimum, même si le montant des prestations s'améliore pour ceux qui prolongent leur vie active. Le système que le gouvernement veut mettre en place établit un âge minimum de retraite (62 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes) et une période de cotisation de 40 ans pour bénéficier pleinement des prestations. Mais le projet de réforme passe mal auprès des Brésiliens et plusieurs grands mouvements de grève ont secoué le pays ces derniers mois. L'opposition, dirigée par le Parti des travailleurs (PT), admet la nécessité d'une réforme mais a tenté par tous les moyens de faire reporter le vote. Le PT estime en effet que le projet de loi actuel va accroître les inégalités en frappant les pensions des plus pauvres, notamment des femmes noires, des travailleurs ruraux et des enseignants. "C'est une réforme cruelle, injuste, inepte et inutile. Le problème n'est pas un problème de dépenses, c'est un problème de collecte, et cette réforme protège les riches", a regretté la députée Margarida Salomao, du PT. (Belga)