Alors qu'on attendait ce matin un dernier coup de téléphone entre Boris Johnson et Ursula von der Leyen pour constater l'existence d'un accord entre les deux parties après une longue nuit de négociations, certains éléments à régler semblent retarder la conclusion des discussions. C'est ce qu'a laissé entendre jeudi le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney au micro du média de service public RTÉ."Nous attendions une conférence de presse" du Premier ministre britannique Boris Johnson "environ maintenant", indique-t-il lors de l'émission matinale Morning Ireland. "Cela n'a pas eu lieu. Cela veut dire qu'il y a une sorte d'obstacle de dernière minute", relatif aux détails concernant la pêche, a-t-il estimé. Cela n'empêche qu'on attend toujours la grande annonce d'un accord "plus tard, aujourd'hui", a-t-il ajouté. Du côté de la Commission, il n'y a encore eu aucune confirmation de l'horaire d'un coup de fil final ou de conférences de presse pour annoncer un accord, après des mois de difficiles négociations menées par David Frost côté britannique et Michel Barnier côté européen. Simon Coveney confirme les rumeurs que le texte légal fait plus de 2.000 pages. Il ne pourra dans tous les cas pas être ratifié par le Parlement européen avant la fin de la période de transition, le 31 décembre, mais pourrait entrer en vigueur de manière provisoire avant une ratification européenne a posteriori. Le dernier désaccord qui prolonge les derniers contacts serait donc celui de la pêche. Il s'agit de déterminer comment se partageront dans les prochaines années les quelque 650 millions d'euros de produits pêchés chaque année par l'UE dans les eaux britanniques. Un accord entre Londres et Bruxelles doit permettre aux Britanniques de continuer d'avoir accès au marché unique européen, sans taxes douanières ni quotas limitant les exportations. En cas d'absence d'accord, la relation commerciale serait réglée par les règles de base de l'OMC (Organisation mondiale du commerce). L'UE exigeait cependant des garanties de concurrence équitable pour ouvrir les portes de son marché. Ces conditions exigées par Bruxelles ont longtemps été une pierre d'achoppement importante dans les négociations, Londres estimant que de retrouver sa "souveraineté" ne s'accommoderait pas de telles obligations. Selon l'AFP, un mécanisme devrait permettre aux deux parties d'activer rapidement des contre-mesures, comme des droits de douane, en cas de divergences sur les normes environnementales, de droit du travail, etc., à respecter. (Belga)