Le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) prendra contact avec l'ambassadeur britannique en Belgique pour discuter de la volonté de Londres de faire passer une loi qui contredirait en certains points l'accord de retrait conclu avec Bruxelles il y a quelques mois, plus précisément en ce qui concerne les protocoles douaniers en Irlande du Nord et la politique commerciale dans ce territoire du Royaume-Uni. Jan Jambon l'a indiqué mardi en commission du Parlement flamand. Ce projet d'"Internal market bill" proposé par le gouvernement de Boris Johnson a franchi lundi un premier obstacle à la Chambre des Communes. Quand le texte a été dévoilé la semaine dernière, il a provoqué une levée de boucliers aussi bien dans les rangs européens que chez une partie des conservateurs britanniques, le propre camp de Boris Johnson. "Comme beaucoup d'autres, j'ai été choqué par l'attitude britannique dévoilée par le négociateur David Frost et le Premier ministre Johnson lui-même, sur les négociations et leur volonté de rouvrir l'accord de retrait", a indiqué Jan Jambon. "Je vais discuter de cela avec l'ambassadeur britannique". Cet échange avec Martin Shearman aura lieu le 29 septembre. "Si jamais je devais ne plus m'en souvenir dans deux ans et demi, prière de me le remettre en mémoire en temps voulu", a ajouté Jan Jambon dans une boutade faisant référence à l'affaire Chovanec, qui n'a pas été du goût des Verts. Le ministre-président flamand a préconisé de garder son calme, si aucun accord n'est atteint d'ici la fin octobre. C'est là l'échéance mise en avant par le négociateur européen Michel Barnier pour qu'un accord commercial (et autre) entre l'UE et son ex-Etat membre puisse être adopté et mis en œuvre à temps pour la fin de la période de transition post-Brexit (fin 2020). Mais "au vu du déroulement difficile, j'appelle les citoyens, les entreprises et les autorités à se préparer à ce que ça finisse mal". (Belga)