Certains ont cru qu'il n'aurait jamais lieu, d'autres l'attendent avec plus ou moins de patience depuis le 23 juin 2016, jour du référendum qui a vu le "Leave" sortir vainqueur avec 51,89% des votes exprimés: le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, est une réalité depuis minuit (vendredi soir 23h00 à Londres). Le Royaume-Uni n'est officiellement plus un État membre de l'Union, 47 ans et un mois après avoir rejoint la CEE (Communauté économique européenne) au tournant de l'an 1973. L'UE passe donc des "28" aux "27" et ouvre une période de négociations avec Londres qui s'annonce difficile et surtout très serrée. En juin 2016, le choix majoritaire du "Leave", face au "Remain", en avait surpris plus d'un. Au lendemain du référendum, le Premier ministre conservateur David Cameron, celui-là même qui avait promis dès 2013 qu'il consulterait la population sur l'appartenance à l'Union, annonçait sa future démission. Il n'a pas été le dernier à perdre son poste au fil des improbables pérégrinations de ce gigantesque dossier: celle qui avait pris sa succession au 10 Downing Street, Theresa May, a jeté à son tour l'éponge près de trois ans plus tard, en juin 2019. C'est tout de même elle qui, le 29 mars 2017, a officiellement donné le coup d'envoi de la procédure de divorce en activant l'article 50 du traité de Lisbonne, notifiant formellement la volonté du Royaume-Uni de se séparer du reste de l'UE. "C'est un moment historique, il n'y aura pas de retour en arrière", avait-elle déclaré ce jour-là devant la Chambre des communes. Près de trois ans de négociations (elles ont formellement débuté en juin 2017), deux élections générales britanniques et trois reports de la date effective du Brexit plus tard, l'accord dégagé par les négociateurs de la Commission européenne et du gouvernement du Royaume-Uni a franchi les dernières haies et formalités ces derniers jours, sous la houlette d'une autre figure côté londonien, celle de Boris Johnson. (Belga)