La Belgique et sa capitale célèbreront, mercredi 11 novembre, le cinquantième anniversaire de la fin des travaux de la basilique de Koekelberg, véritable chef-d'oeuvre art déco. Les festivités prévues pour ce jubilé d'or sont annulées en raison de la pandémie de covid-19 mais de nombreux évènements culturels et paroissiaux figurent déjà à l'agenda de 2021 et 2022. Si les premières esquisses du monument datent de la fin du règne de Léopold 1er, c'est son fils, Léopold II, fasciné par Paris et sa basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, qui pose la première pierre du sanctuaire belge en 1905. Le projet initial prévoyait un temple néo-gothique grandiose mais seules les fondations étaient achevées lorsqu'éclata la Première Guerre mondiale en 1914. Les finances publiques étant au plus bas à l'issue de la guerre, les plans initiaux sont remplacés par ceux de l'architecte gantois Albert van Huffel, qui obtient en 1926 le Grand Prix de l'Architecture pour la maquette de la basilique à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris. Après la bénédiction de l'abside en 1935, l'achèvement de la grande nef en 1951 et l'ouverture du transept nord en 1962, c'est le montage de la coupole de 44.000 tonnes, soit cinq fois le poids de la Tour Eiffel, qui couronne la fin des travaux en 1970. Considérée comme trop onéreuse par une partie de la population, du milieu politique ou encore du clergé, la basilique s'est, grâce à d'intenses efforts de persuasion de la part de Léopold II, installée sur la colline de Koekelberg, vacillant, aujourd'hui encore, entre "l'amour et la haine" des Bruxellois, affirme Martine Motteux-Abeloos, vice-rectrice de l'église. "Peu de Bruxellois traversent le canal pour venir la visiter. Les Wallons ne viennent pas beaucoup s'y aventurer non plus. Sur les 32.000 visiteurs annuels, 80% sont des touristes étrangers", ajoute encore la vice-rectrice qui a été nommée fin septembre directrice générale de l'institution et sera la première femme à occuper ce poste dès la semaine prochaine. La galerie extérieure de l'édifice offre un panorama spectaculaire à plus de 50 mètres de hauteur mais le monument renferme également de nombreux trésors au sous-sol et dans la cave, où se trouvent différentes salles de réception ainsi qu'un restaurant qui a dû déposer le bilan à cause de la crise sanitaire. La crise provoquée par le coronavirus met l'agenda culturel et paroissial de la basilique en veille mais l'église devrait, dès que le contexte sanitaire le permet, offrir à ses visiteurs des expositions temporaires ainsi que des concerts de musique classique et moderne, mis en valeur par la remarquable acoustique du lieu. La basilique de Koekelberg prépare également plusieurs projets en coopération avec le musée du chocolat de la même commune ou encore avec la Royal Belgian Flower Arrangement Society (RBFAS) qui devrait y exposer ses compositions et monter une crèche fleurie à l'occasion des fêtes de Noël en 2022. Si les festivités du jubilé d'or de la fin des travaux de la basilique de Koekelberg ne peuvent avoir lieu mercredi prochain, les 70 ans de la sacralisation du monument devraient être célébrés de manière folklorique le 17 octobre 2021. (Belga)