Le Premier ministre, Alexander De Croo, s'est étonné mercredi des discours d'une partie de l'opposition dans le cadre du débat budgétaire. A ses yeux, certains semblent oublier que le monde traverse une crise sans précédent.La Chambre débat en séance plénière du projet de budget 2021 et de la loi-programme qui l'accompagne, une première depuis la fin 2017 quand le dernier budget en bonne et due forme a été voté. La N-VA, le Vlaams Belang et le PTB ont décroché les flèches les plus acérées contre le gouvernement De Croo, en pointant tour à tour le déficit qui s'est considérablement aggravé, et une politique insuffisante qui poursuivrait celle de la coalition précédente. "J'ai le sentiment que chez certains il y a un manque de prise de conscience de la réalité. Ils semblent oublier que l'on est au coeur de la plus grande crise sanitaire que nous ayons connue. On ne peut comparer cette situation budgétaire à celle d'une année traditionnelle", a expliqué le Premier ministre en réponse aux interventions des groupes politiques. Le chef du gouvernement a balayé les critiques des nationalistes selon lesquelles seule l'Espagne ferait pire que la Belgique en termes budgétaires. "Notre pays est lourdement touché, à l'instar des autres pays", a-t-il fait remarquer, en insistant sur le caractère imprévisible de la crise qui ne permet pas pour le moment de se fixer un objectif budgétaire. Des réformes auront lieu, a assuré le Premier ministre, que ce soit en matière d'emploi (piège à l'emploi, licenciement), de lutte contre la discrimination, de pension (convergence des différents régimes, démocratisation du 2e pilier) ou encore d'investissement des PME. Mais pour le moment, les efforts du gouvernement sont concentrés sur un but: "protéger au maximum les citoyens et les entreprises, et lorsque la croissance reviendra, faire en sorte que chacun puisse en profiter". Malgré sa composition très large -pas moins de sept partis-, le gouvernement a bien l'intention de "travailler ensemble". "Les succès dans cette crise, ce sont les moments où l'on travaille ensemble", a-t-il souligné. "La crise sanitaire ne vous donne pas un blanc seing pour tout faire et dire ensuite que vous ne saviez pas", a répliqué Sander Loones (N-VA). Le PTB a répété ses craintes pour les services publics qui, selon lui, seront confrontés à des mesures d'économie dès 2022. "Sans les services publics, ce serait une catastrophe décuplée, tirons-en les leçons", a plaidé Marco Van Hees. Le cdH a affiché sa volonté d'une opposition constructive et appelé le gouvernement à travailler avec celle-ci. "Aujourd'hui, se figer dans un rapport de majorité contre opposition, ça n'a aucun sens", a dit Vanessa Matz. (Belga)