Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a qualifié jeudi soir de "double victoire" le compromis sur l'État de droit atteint par les dirigeants de l'UE en vue de débloquer le budget européen et le fonds de relance post-coronavirus."D'une part, le budget de l'UE peut être lancé et la Pologne recevra 770 milliards de zlotys (174 milliards d'euros). D'autre part, ces fonds sont sécurisés parce que le mécanisme de conditionnalité est limité à des critères très précis", a déclaré M. Morawiecki, ajoutant que l'accord empêchait aussi de changer les règles plus tard au détriment des intérêts de la Pologne. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a fait écho à ces commentaires. Son porte-parole a crié victoire sur Twitter. "Nous avons gagné. En ces temps difficiles de pandémie, de crise économique, il n'est pas opportun de prolonger les débats politiques et idéologiques qui nous empêchent d'agir", a-t-il commenté. "Nous avons contré le danger de voir des mesures budgétaires servir pour faire pression sur les Hongrois afin de décider des choses que nous ne voulons pas", a tweeté ce porte-parole. Orban et Morawiecki ont levé jeudi soir leur véto contre le budget pluriannuel et le fonds de relance de l'UE après un accord de l'ensemble des Vingt-sept sur une déclaration annexée au mécanisme sur l'État de droit. Cette déclaration souligne que le mécanisme n'est lié qu'à la préservation du budget européen et que la procédure, objective et impartiale, traitera équitablement tous les États membres. Un délai a aussi été octroyé: aucune mesure relevant de ce mécanisme ne sera proposée par la Commission avant que celles-ci n'ai élaboré des lignes de conduites, dont l'introduction ne pourra intervenir avant une décision de la Justice européenne sur la validité du mécanisme. D'autres pays soulignaient en revanche que l'accord atteint début novembre par les négociateurs du Parlement et la présidence allemande du Conseil UE n'avait pas été modifié. (Belga)