Deux semaines avant les élections fédérales canadiennes, le chef conservateur Andrew Scheer a vigoureusement attaqué le Premier ministre sortant Justin Trudeau sur son bilan et sur les scandales qui ont émaillé son mandat au cours d'un deuxième débat télévisé lundi. Alors que le chef du parti libéral et candidat à sa réélection le 21 octobre avait mis son rival en difficulté sur l'avortement lors d'un premier débat en français la semaine dernière, il a cette fois subi des attaques vigoureuses de M. Scheer, notamment sur son rôle dans un scandale de pressions sur la justice qui a miné la fin de son mandat. "Monsieur Trudeau, vous avez enfreint deux fois les lois sur l'éthique. Vous vous êtes immiscé dans une procédure pénale en cours... quand avez-vous décidé que les règles ne s'appliquent pas à vous ?", a lancé M. Scheer. "Vous êtes un imposteur et vous ne méritez pas de gouverner ce pays", a-t-il poursuivi. Les deux rivaux, toujours au coude à coude dans les derniers sondages, se sont affrontés sans retenue lors du seul débat de la campagne en anglais dans un pays où les deux tiers des habitants sont anglophones. C'est la première fois que les dirigeants des six grands partis en lice s'affrontaient depuis le début de la campagne. M. Trudeau "ne se souvient même pas de combien de fois il s'est déguisé en +blackface+ parce qu'il porte toujours un masque", a lancé le chef conservateur en référence à la publication récente de photos de jeunesse le montrant grimé de noir ("blackface") lors de soirées privées entre les années 1990 à 2001. Plus à l'aise dans sa langue maternelle que lors du débat en français, M. Scheer a critiqué le bilan économique du Premier ministre sortant ainsi que la taxe carbone fédérale mise en place par celui-ci. Les échanges les plus houleux ont eu lieu sur le thème de l'environnement, menant à un affrontement cacophonique entre le chef libéral et le chef conservateur, le premier défendant son bilan environnemental et le second reprochant à son rival de mentir sur celui-ci. Justin Trudeau a également botté en touche sur le sujet controversé des oléoducs, critiqué d'un côté par M. Scheer pour ne pas en avoir assez fait, et de l'autre par les chefs verts et néodémocrates pour avoir nationalisé l'oléoduc Transmountain. (Belga)