Le président du Conseil européen Charles Michel a indiqué vendredi être favorable à une conférence multilatérale pour tenter d'apaiser les tensions croissantes entre la Turquie et la Grèce au sujet des forages exploratoires de la première en Méditerranée, dans des zones qu'Athènes estime lui revenir. "Nous sommes prêts à réagir, si l'UE ou un de ses États membres n'est pas respecté, mais nous devons proposer une approche positive, et un dialogue", a-t-il expliqué face aux journalistes. La Turquie occupe une place importante ces derniers temps dans les préoccupations européennes, et elle sera un des dossiers chauds sur la table du sommet européen des 24-25 septembre à Bruxelles. Les chefs d'État et de gouvernement des 27 planifient déjà depuis un certain temps un débat stratégique sur les relations avec ce voisin bien souvent problématique. La crise du coronavirus est venue perturber l'agenda, mais la Turquie est revenue sur le devant de la scène malgré tout, en lançant de nouveaux navires à la recherche d'hydrocarbures dans des eaux disputées. Il y a en effet une escalade avec la Grèce et Chypre, ce que reconnait le Belge. "Il y a de plus en plus d'incidents, et de présence de moyens militaires dans la région. Cela doit cesser", a expliqué Charles Michel. "Une conférence multilatérale pourrait aider pour, d'abord, entamer une désescalade et, deuxièmement, chercher des solutions pour les nombreuses questions sur lesquelles les avis divergent". Charles Michel envisage une conférence large, qui aborderait les disputes sur les frontières maritimes, mais aussi des thèmes comme l'énergie, la migration et la sécurité. "J'ai déjà soumis l'idée de manière informelle à plusieurs collègues européens et externes, également de Turquie. Je ne dis pas que l'on a reçu un 'oui' clair en réponse, mais la réaction n'a pas non plus été négative", indique l'ancien Premier ministre. De nombreuses questions restent à éclaircir avant qu'une telle conférence ne puisse être mise sur pied, mais "cela pourrait être la meilleure chance, en vue d'une approche plus positive". "Rien qu'une discussion sur le format et les modalités serait déjà plus constructive que la situation actuelle". En même temps, il doit être clair que l'UE n'accepte pas qu'Ankara agisse de manière unilatérale et en violation du droit international. "Je suis partisan de la carotte et du bâton", indique-t-il. "Quels instruments avons nous pour améliorer nos relations, et lesquels avons nous pour montrer que nous n'acceptons pas de ne pas être respectés? Nous voulons du respect. Ce message est clair". (Belga)