La Cour d'appel de Santiago a estimé que le décès en 1982 de l'ex-président chilien Eduardo Frei Montalva, opposant de la dictature d'Augusto Pinochet, n'est pas un assassinat par "empoisonnement" et a acquitté les six co-accusés condamnés en première instance en 2019.Le tribunal a estimé que les faits ne permettent pas d'établir que le décès de l'ex-président (1964-1970), survenu dans une clinique de Santiago en pleine dictature militaire (1973-1990), "soit imputable à une action intentionnelle ou à une négligence d'un ou de plusieurs tiers". Selon le tribunal, "la mort d'Eduardo Frei Montalva peut raisonnablement s'expliquer par une succession d'événements qui ont débuté avec une (première) opération le 18 novembre 1981 et les différents troubles" médicaux qui en ont découlé. M. Frei Montalva est décédé le 22 janvier 1982 à 71 ans d'une infection généralisée dans la clinique privée Santa Maria où il avait été hospitalisé pour une hernie. En première instance la justice avait estimé que la mort de cette figure de l'opposition à Augusto Pinochet avait été ordonnée par la dictature au moment où le régime commençait au début des années 1980 à affronter les premières manifestations de mécontentement social. Selon l'enquête, le décès d'Eduardo Frei aurait été causé par l'injection de substances toxiques et les six co-accusés, anciens agents de la dictature, poursuivis pour "empoisonnement" avaient été condamnés à des peines de 3 à 10 ans de réclusion. Cette décision, qui clôturait quinze années d'investigations avec la double exhumation du corps de l'ancien président, avait été qualifiée d'"historique" par les avocats de la famille. La peine la plus lourde avait été infligée au médecin Patricio Silva Garin, déclaré coupable d'avoir administré le poison à Eduardo Frei Montalva, alors âgé de 71 ans. Ce même médecin suivait le prix Nobel de littérature Pablo Neruda, décédé dans cette même clinique le 23 septembre 1973, 12 jours après le putsch du général Pinochet contre le président socialiste Salvador Allende. En 2017, des experts internationaux ont conclu à l'unanimité que Pablo Neruda n'était pas mort d'un cancer de la prostate comme écrit dans son certificat de décès rédigé par la junte militaire, mais ils n'ont pas été en mesure d'affirmer que le poète chilien avait été empoisonné. La dictature d'Augusto Pinochet a fait quelque 3.200 morts et plus de 38.000 personnes ont été torturées, selon des chiffres officiels. (Belga)