Les cinq recteurs des universités flamandes insistent, jeudi dans une lettre ouverte publiée par plusieurs journaux, sur l'indispensable "unité du commandement" dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus, en plein rebond de l'épidémie. "La crise n'est pas un peu fédérale, un peu régionale, un peu provinciale et un peu locale", dénoncent-ils. La lettre est signée par les recteurs Luc De Schepper (UHasselt), Caroline Pauwels (VUB), Luc Sels (KU Leuven), Rik Van de Walle (UGent) et Herman Van Goethem (UAntwerpen). "En tant que recteurs des universités flamandes, nous constatons avec une stupéfaction grandissante l'absence du 'sentiment d'urgence' dans le chef d'une partie de nos dirigeants et de la population", écrivent-ils. Alors qu'une nouvelle réunion du Conseil national de sécurité (CNS) rassemble ce jeudi la Première ministre, les principaux ministres du gouvernement fédéral, les ministres-présidents des entités fédérées et les experts, les cinq recteurs appellent les autorités à "l'unité dans le commandement" de la lutte contre le virus. Ils plaident, entre autres, en faveur de la désignation claire d'un porte-parole et de la fin des querelles entre ministres. "Les mesures défaillantes ne sont pas corrigées assez rapidement. Elles sont complétées par des initiatives bien intentionnées, mais elles augmentent simultanément le risque d'un flux d'information insuffisant aux conséquences mortelles, au sens propre comme au figuré. Ce dont nous n'avons absolument pas besoin, c'est d'une armée mexicaine", ajoutent-ils, faisant allusion à une situation où les donneurs d'ordre sont plus nombreux que les exécutants. Les directives doivent être affinées à brève échéance afin d'éviter des conséquences désastreuses sur le long terme, a expliqué le recteur de la KU Leuven, Luc Sels, dans l'émission De Ochtend sur les ondes de Radio 1. Selon lui, les bulles sociales doivent être réduites, un plan d'action doit encadrer le retour des touristes et les citoyens doivent communiquer leurs allées et venues. "Il ne s'agit pas d'une violation de la vie privée, mais d'une mesure de santé publique", a-t-il fait valoir. Il appelle également les Belges à faire preuve de "responsabilité collective" en respectant strictement les règles de précaution. "Ne jouons pas avec la vie des autres", a-t-il conclu. (Belga)