Le WWF craint que les feux de forêt en 2020 soient encore plus dévastateurs qu'en 2019, une année déjà exceptionnelle en termes de superficie partie en fumée. En avril, le nombre d'incendies de forêt avait déjà augmenté de 13% par rapport à la même période en 2019, d'après un nouveau rapport de l'ONG publié jeudi. Pour le WWF, l'année 2020 présente tous les traits d'une année record. L'Australie a connu les pires incendies de forêt de son histoire durant la saison des feux 2019-2020. Un arbre sur cinq est parti en fumée et trois milliards d'animaux ont été victimes des flammes. En avril, le nord de la Thaïlande s'est enflammé: 20% de forêts ont été anéantis, entraînant un niveau de pollution critique à Chiang Mai. A la même période, des incendies sans précédent ont ravagé plus de 66.000 hectares dans la zone d'exclusion boisée autour de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, pays dans lequel les feux de forêts ont augmenté de 30% en un an. Au Brésil, 307.000 hectares sont déjà partis en fumée durant les six premiers mois de l'année (+26% par rapport à 2019). C'est une superficie équivalente à 20 fois celle de la Région de Bruxelles Capitale. Le rapport intervient alors que le ballet d'incendies est loin d'être terminé. Comme l'année dernière, la Sibérie a connu d'importants feux de forêts en juillet et des milliers de pompiers sont actuellement déployés en Californie pour tenter de contenir les gigantesques feux qui ravagent l'Etat, poussant quelque 240.000 personnes à quitter leurs foyers. "Les humains sont responsables de 75% des feux de forêts dans le monde", souligne le WWF. Dans l'hémisphère nord, la plupart des incendies sont causés par négligence (combustion de déchets, accidents industriels ou agricoles). Dans les régions tropicales ou subtropicales, les feux de forêts sont majoritairement intentionnels et utilisés pour développer de nouveaux espaces de cultures. Les arbres rongés par les flammes libèrent des millions de tonnes de dioxyde de carbone supplémentaires. "Cette quantité de CO2 relâchée dans l'atmosphère participe au réchauffement climatique et nuit à la biodiversité, l'économie et à la santé des êtres humains", rappelle l'ONG. Le WWF appelle les gouvernements à mettre en place une réponse mondiale coordonnée en fonction de l'importance et de l'urgence de la question des incendies, avant que des dommages irréversibles ne soient causés à notre planète. (Belga)