L'ex-guérilla des FARC a reconnu sa responsabilité dans six assassinats, dont celui d'Alvaro Gomez, plusieurs fois candidat à la présidentielle et tué en 1995 à Bogota, dans une lettre envoyée à une juridiction spéciale pour la paix.La Justice pour la paix (JEP), qui enquête sur les crimes commis durant le conflit entre l'ex-guérilla et le gouvernement, a indiqué samedi dans un communiqué que la lettre qu'elle avait reçue le 30 septembre se proposait de "dire la vérité, éclaircir les faits et assumer la responsabilité" dans plusieurs assassinats. Parmi ceux-là, outre celui d'Alvaro Gomez, le 2 novembre 1995, figurent ceux d'un général en retraite, Fernando Landazabal, en 1998, et de l'ancien conseiller pour la paix, Jesus Antonio Bejarano en 1999. Cette révélation a fait du bruit en Colombie où était jusque-là accréditée la thèse selon laquelle Alvaro Gomez, figure du Parti conservateur et candidat à la présidentielle à trois reprises, avait été visé par des rivaux politiques alliés à des militaires et des narcotrafiquants. La lettre est signée par les anciens commandants rebelles Julian Gallo, Pastor Alape et Pablo Catatumbo. Deux d'entre eux, Julian Gallo et Pablo Catatumbo, siègent désormais au Parlement colombien, dans le cadre des accords de paix signés en 2016 qui ont mis fin à un conflit armé de près de six décennies entre l'ancienne rébellion et le gouvernement. La guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), autrefois la plus puissante d'Amérique, a déposé les armes et s'est transformée en un parti politique. Dans le cadre de l'accord de 2016, ses principaux chefs se sont engagés à avouer leurs crimes devant la Justice pour la paix et à dédommager les victimes ou leurs familles, en échange de peines alternatives à la prison. S'ils ne tiennent pas leur engagement, ils seront traduits devant la justice ordinaire. (Belga)