Des milliers d'indigènes bloquaient la Panaméricaine, importante voie routière qui relie les Amériques, pour la deuxième journée consécutive jeudi en Colombie lors de manifestations contre le gouvernement, marquées selon eux par une "grave" répression policière.Les communautés autochtones de trois départements du sud-ouest du pays occupaient cette importante route, qui relie notamment la Colombie à l'Equateur, pour dénoncer les manquements du gouvernement de droite du président Ivan Duque vis-à-vis d'accords passés avec son prédécesseur Juan Manuel Santos. Ces accords prévoient notamment l'adjudication de terres et le droit des indigènes à être consultés à propos de projets miniers affectant leurs territoires. Les manifestants protestent aussi contre les violences dans leurs régions, où ont été assassinés plusieurs leaders communautaires, et exigent l'application d'engagements issus de l'accord de paix de 2016 avec l'ex-guérilla Farc, aujourd'hui désarmée. Ils ont bloqué plusieurs portions de la Panaméricaine avec des troncs d'arbre et des pierres, bloquant le passage des véhicules vers l'Equateur. Mercredi "il y a eu une offensive contre les leaders indigènes", a déclaré jeudi Edwin Guetio, de l'Association des assemblées indigènes du nord du Cauca, ajoutant qu'il y avait eu 17 blessés, dont certains graves par armes à feu, et que les policiers avaient fait usage de gaz lacrymogènes. Les autorités ne se sont pas prononcées sur cette dénonciation. Les indigènes exigent de parler directement avec le président Duque, mais la ministre de l'Intérieur, Nancy Gutierrez, a indiqué que le gouvernement exige la levée préalable des barrages avant d'initier un dialogue. Les blocages et manifestations sur la Panaméricaine se sont multipliés ces dernières années, les indigènes, qui représentent au moins 3,4% des plus de 42 millions de Colombiens, réclamant le respect de leurs droits et dénonçant des violences à leur encontre. Selon le Défenseur du Peuple, chargé de la protection des droits humains en Colombie, 462 leaders communautaires et défenseurs des droits, dont des indigènes, ont été assassinés entre janvier 2016 et février dernier. (Belga)