L'insécurité alimentaire aiguë devrait fortement augmenter dans le sud du Yémen, pays ravagé par la guerre, en raison d'une combinaison de facteurs qui ont été exacerbés par la maladie de Covid-19, selon un rapport de plusieurs agences de l'ONU publié mercredi. Selon ce document, qui ne couvre que les régions du sud du Yémen, le nombre de personnes "confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë" devrait passer de 2 millions en février-avril à 3,2 millions en juillet-décembre, soit une augmentation de 60%. Le rapport portant sur 133 districts du sud du Yémen a été conjointement élaboré par trois agences de l'ONU, dont le Programme alimentaire mondial (PAM). Le PAM avait déclaré en juin que malgré l'aide humanitaire, plus de 20 millions de Yéménites dans tout le pays étaient en situation d'insécurité alimentaire, dont près de 10 millions en situation d'insécurité alimentaire aiguë. Avec une population d'environ 27 millions d'habitants, le Yémen, est le théâtre de ce que l'ONU considère comme la pire crise humanitaire au monde. La guerre entre les rebelles Houthis, qui contrôlent des régions du nord et de l'ouest du pays, et le gouvernement a fait des dizaines de milliers morts et déplacé des millions de personnes. Le rapport indique que la crise économique née du conflit, les inondations, les criquets pèlerins et maintenant le nouveau coronavirus ont créé un environnement parfait pour une forte augmentation des cas d'insécurité alimentaire. Outre le PAM, l'Organisation de l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds pour l'enfance (Unicef) et d'autres partenaires ont participé au rapport. La sécurité alimentaire au Yémen s'est améliorée l'année dernière grâce à une augmentation massive de l'aide internationale avant de se détériorer cette année, selon le rapport. Ce document "nous dit que le Yémen est à nouveau au bord d'une crise alimentaire majeure", a mis en garde Lise Grande, coordinatrice humanitaire pour le Yémen. "Si nous ne recevons pas le financement dont nous avons besoin, nous ne pourrons pas faire la même chose" que l'année dernière, a ajouté Mme Grande, citée par le rapport. "Le Yémen fait face à des crises sur de multiples fronts", a déclaré de son côté Laurent Bukera, directeur du PAM au Yémen. "Nous devons agir maintenant (...) Les signaux d'alarme sont de nouveau là et avec la pandémie de coronavirus en plus, la situation pourrait s'aggraver si l'action humanitaire est retardée", a-t-il averti. (Belga)