Les deux camps rivaux en Libye se sont de nouveau accusés mutuellement dimanche de violations d'une trêve "acceptée" par les deux parties à l'appel de plusieurs pays et de l'Onu.Mohamad Gnounou, le porte-parole des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'Onu, a accusé les troupes du maréchal Khalifa Haftar de tenter des percées à Ain Zara, dans la banlieue sud de la capitale et al-Hira, plus au sud-ouest. "Nos forces (...) ont riposté", a-t-il dit dans un communiqué, faisant état d'un civil tué et de deux autres blessés à Ain Zara. Dans l'autre camp, Ahmad al-Mesmari, porte-parole du maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, affirme, lui, que les pro-GNA ont violé la trêve. "Les milices terroristes violent la trêve dans la région d'al-Hira, au sud de Tripoli et bombardent nos positions", a-t-il écrit dans un bref communiqué. Une trêve fragile avait été décrétée le 12 janvier, mais des combats opposent régulièrement les deux camps qui s'accusent mutuellement de violations. Les forces pro-Haftar ont "salué" samedi les appels à un nouveau cessez-le-feu lancés mardi par l'Onu et plusieurs pays, affirmant qu'elles "continuaient à respecter la trêve". Le GNA avait répondu jeudi positivement à ces appels mais a indiqué qu'il se réservait "le droit de riposter aux agressions quotidiennes qui visent les civils et les installations publiques". En parallèle, les combats ne se sont jamais arrêtés même s'ils ont baissé en intensité. Dès samedi, des bombardements sporadiques étaient toujours entendus depuis le centre de la capitale. Dans un communiqué à New York, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, s'est félicité samedi de "réponses positives" par le GNA et les forces du maréchal Khalifa Haftar, "respectivement les 18 et 21 mars aux appels en faveur d'une pause humanitaire pour arrêter les combats". M. Gueterres espère "qu'elles se traduiront par une cessation des hostilités immédiate et inconditionnelle" puis "un cessez-le-feu durable" notamment pour faire face à la menace d'épidémie de nouveau coronavirus, selon le communiqué. Le GNA ainsi que son rival, un autre exécutif parallèle basé dans l'Est sous le contrôle du maréchal Haftar, affirment toujours n'avoir détecté aucun cas de contamination en Libye, pays divisé et en proie au chaos depuis des années. (Belga)