La Belgique a déjà pris plusieurs initiatives, notamment au conseil de sécurité de l'ONU, afin de permettre un cessez-le-feu en Syrie et d'acheminer l'aide humanitaire, mais elle s'est heurtée à plusieurs difficultés, a rappelé mardi le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin (MR), interrogé sur la situation en Syrie en Commission des relations extérieures de la Chambre. Si la Belgique reste active sur le terrain diplomatique, il apparaît compliqué de peser dans le débat. Philippe Goffin a rappelé mardi que les tensions dans la région syrienne d'Idleb avaient culminé le 27 février dernier. Depuis, un accord de cessez-le-feu a été conclu jeudi dernier entre la Russie et la Turquie mais "les parties prenantes ne souhaitent pas de supervision par un acteur extérieur". Selon le ministre, la décision d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la région semble également difficile à mettre en oeuvre "à cause de la position de la Russie au Conseil de sécurité." Mais l'UE reste active sur le terrain diplomatique, a-t-il assuré. L'acheminement de l'aide humanitaire apparait également compliqué. La Belgique, avec l'Allemagne et le Koweit, sont à l'origine de la dernière prolongation de la résolution 2165 de l'ONU qui a décidé de l'ouverture de quatre postes frontière en Syrie pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire. "Mais la Russie et la Chine s'abstiennent systématiquement depuis 2017, l'argument étant que la situation a changé. La Russie est de plus en plus réticente à prolonger ce mécanisme transfrontalier et estime que l'aide doit passer par Damas, qui se trouve pourtant loin des zones (touchées)." La Belgique veut toutefois "élargir les possibilités" d'acheminement de l'aide, a ajouté Philippe Goffin, rappelant que le gouvernement s'est dit prêt à libérer 14 millions d'euros supplémentaires. (Belga)