La Turquie ripostera "de la plus ferme des manières" en cas de nouvelle attaque du régime syrien contre ses forces, a prévenu mardi le président Recep Tayyip Erdogan lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine, soutien de Damas. Lors de cet entretien téléphonique, M. Erdogan a déclaré qu'Ankara "continuera d'user de son droit à la légitime défense de la plus ferme des manières en cas de nouvelle attaque semblable", selon la présidence turque. L'entretien entre MM. Erdogan et Poutine intervenait au lendemain de combats d'une violence inédite entre l'armée turque et les forces du régime de Bachar al-Assad dans la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie) qui ont fait plus de 20 morts. Dans la nuit de dimanche à lundi, des tirs d'artillerie du régime ont fait huit morts côté turc. Ankara a répondu en bombardant des positions syriennes, tuant au moins 13 personnes. L'attaque du régime contre les forces turques a porté un coup aux efforts conjoints (turco-russes) visant à imposer la paix en Syrie", a déclaré M. Erdogan à M. Poutine, selon la présidence turque. La Russie soutient le régime de Bachar al-Assad et la Turquie appuie certains groupes rebelles qui le combattent. Même si elles soutiennent des camps opposés dans ce conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, la Turquie et la Russie ont renforcé depuis 2016 leur coopération sur ce dossier. Mais Ankara a émis ces derniers jours des critiques contre Moscou, l'accusant de ne pas faire suffisamment pression sur le régime pour qu'il stoppe son offensive dans la province d'Idleb, qui s'est renforcée ces dernières semaines. De leur côté, les Etats-Unis ont affirmé mardi soutenir "pleinement" la riposte de la Turquie aux tirs d'artillerie du régime de Damas dans le nord-ouest de la Syrie, estimant qu'il s'agissait d'"autodéfense justifiée". Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine "condamne les attaques persistantes, injustifiables et sans pitié du régime", "de la Russie, de l'Iran et du Hezbollah contre la population d'Idleb", dernière province rebelle du nord-ouest syrien. Selon l'Onu, les combats dans le nord-ouest de la Syrie ont fait un demi-million de déplacés qui se sont dirigés pour la plupart vers la frontière turque. Cette situation inquiète la Turquie, où plus de 3,6 millions de Syriens ont déjà trouvé refuge depuis 2011. (Belga)