Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est excusé mardi auprès de la famille d'un Arabe israélien tué en 2017 par les forces de l'ordre qui l'avaient qualifié de "terroriste" par erreur. "Je veux demander pardon à la famille al-Qiyan dont le père de famille, citoyen israélien, a été tué sous prétexte qu'il était un terroriste alors qu'il ne l'était pas", a déclaré M. Netanyahu. En janvier 2017, une opération de démolition dans un village bédouin avait mal tourné quand un policier israélien et un villageois arabe ont été tués dans des circonstances différentes selon les versions de la police et des villageois. Le policier Erez Levi est mort dans une attaque à la voiture bélier dont l'auteur a ensuite été abattu, avait indiqué la police qui avait qualifié le conducteur de "terroriste". Mais selon des témoins, Yacoub Moussa Abou al-Qiyan avait été abattu au volant de son véhicule alors qu'il roulait doucement. Lundi soir, le journaliste Amit Segal de la chaîne 12 de la télévision israélienne a produit des documents démontrant qu'une enquête interne de la police avait conclu à l'époque à une bavure, mais que le commandant de la police d'alors, Roni Alcheikh, avait préféré ne rien révéler. Selon M. Segal, qui a dévoilé un courriel d'un procureur de l'époque, Shay Nitzan, aux enquêteurs de la police, ce dernier était allé dans le sens du chef de la police. Il s'agissait selon lui de "ne pas donner des outils à ceux qui veulent attaquer le bureau du procureur général" Avichai Mandelblit, en charge à ce moment-là d'enquêtes pour corruption visant M. Netanyahu qu'il a fini par inculper en novembre 2019. Le Premier ministre a affirmé mardi que la police lui avait assuré en 2017 qu'il s'agissait d'une attaque à la voiture bélier. "On m'a dit que c'était un terroriste et hier, on découvre que ce n'en est pas un, mais qu'il avait été désigné ainsi par des procureurs et des policiers qui cherchaient à se couvrir", a-t-il déclaré. "On a qualifié cet homme de terroriste juste pour (...) empêcher que la police soit jugée irresponsable", a accusé M. Netanyahu, qui est aujourd'hui inculpé pour corruption dans trois affaires différentes, et qui a, à ce sujet, tiré à boulet rouge sur le procureur et la police. "La tentative de lier cette affaire (de la mort de Qiyan) à celles de Netanyahu est absurde", a affirmé de son côté le ministère de la Justice dans un communiqué. (Belga)