Les dirigeants des principaux partis du Parlement chilien ont décidé jeudi de reporter au 25 octobre le référendum constitutionnel initialement prévu en avril et destiné à apaiser la crise sociale qui secoue le pays depuis cinq mois, a annoncé la présidente du Sénat."Je tiens à saluer cet accord et l'esprit d'unité afin d'apporter une réponse au pays en ces temps difficiles, où le plus important est de préserver la santé de nos compatriotes", a déclaré Adriana Muñoz, en référence à la pandémie de nouveau coronavirus qui a déjà contaminé 342 personnes au Chili. La décision doit encore être officialisée à travers un décret présidentiel mais il s'agit d'une simple formalité. Le chef de l'Etat Sebastian Piñera avait appelé mercredi au report du référendum, estimant qu'il n'était "pas prudent" de maintenir la date initiale du 26 avril. Après cinq mois d'un mouvement de contestation sans précédent qui a fait 31 morts, le climat social reste tendu au Chili. Déclenchée le 18 octobre par une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale, la crise sociale s'est nourrie de la colère de la population face aux profondes inégalités socio-économiques et à la déconnexion de la classe politique vis-à-vis des problèmes quotidiens de la majorité des 18 millions de Chiliens. Le 25 octobre, plus de 14 millions de Chiliens seront ainsi appelés à se prononcer pour ou contre la rédaction d'une nouvelle Constitution en remplacement de l'actuelle, votée en pleine dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). C'est grâce à cette Constitution, que l'éducation, les systèmes de retraites et de santé ont été profondément modifiés, laissant la part belle aux secteurs privés et générant de profondes inégalités dénoncées par le mouvement de contestation inédit qui traverse le pays. Outre le référendum au Chili, des élections générales sont convoquées en Bolivie le 3 mai pour tenter de sortir de la crise post-électorale qui secoue le pays andin depuis octobre 2019. Pour l'heure, La Paz n'a pas annoncé de report. (Belga)