C'est ce vendredi que l'EMA, l'Agence européenne des médicaments, pourrait donner son feu vert à la mise sur le marché de l'UE du vaccin développé et produit par AstraZeneca avec l'université d'Oxford. Son comité en charge des produits à usage humain se réunit virtuellement dès le matin, pour se pencher sur ce produit qui pourrait devenir le troisième vaccin contre le coronavirus à être autorisé dans l'UE.L'EMA formule une recommandation, et c'est la Commission européenne qui formellement doit prendre la décision d'autorisation. Pour les deux premiers vaccins autorisés contre la Covid-19, celui de BioNTech-Pfizer et celui de Moderna, l'exécutif européen avait donné son feu vert dans la même journée. L'Agence européenne des médicaments avait annoncé le 12 janvier avoir reçu une demande d'autorisation conditionnelle de mise sur le marché UE de la part d'AstraZeneca. Mais l'agence suit le développement du produit depuis plus longtemps, en "rolling review", comme elle le fait avec d'autres candidats vaccins. La Belgique attend, dans le cadre de l'accord européen d'achat anticipé (négocié par la Commission), plus de 7,5 millions de doses du vaccin AstraZeneca pour son propre territoire. La semaine dernière, la firme a cependant annoncé que ses premières livraisons à l'UE, une fois le feu vert obtenu, seraient bien plus limitées qu'attendu. Ce qui a provoqué la fureur de la Commission européenne. Le groupe suédo-britannique AstraZeneca et l'Université d'Oxford ont développé un vaccin fonctionnant différemment de ceux de BioNTech-Pfizer et Moderna. Ces derniers utilisent tous deux la technique de l'ARN messager. Celui d'AstraZeneca est un vaccin à adénovirus: le produit utilise un autre virus que le SARS-CoV-2, après l'avoir modifié pour qu'il comporte le gène responsable de la "couronne" du coronavirus (cette couronne est formée par une protéine spécifique, la "protéine S" ou "spike protein"). L'adénovirus utilisé comme vecteur ne se reproduit pas dans l'organisme. Il s'agit donc de ce qu'on appelle un vaccin à vecteur viral non répliquant. Contrairement aux vaccins à ARN messager de BioNTech-Pfizer et Moderna, le produit d'AstraZeneca-Oxford ne nécessite pas d'être conservé à très basses températures. Les températures d'un frigo normal suffisent pour le stocker. Comme les deux précédents, il doit idéalement être administré en deux injections, espacées de quelques semaines. (Belga)