"La République n'a pas ménagé ses moyens" pour la Guyane et l'épidémie paraît décélérer: le Premier ministre français, en visite express dans ce territoire français d'Amérique du Sud confronté au coronavirus, a appelé à la "vigilance" ses habitants et au-delà tous les Français. Pour son premier déplacement en Outre-mer depuis sa nomination, Jean Castex se concentre sur la question sanitaire de ce territoire de 300.000 habitants, grand comme le Portugal, où les centres hospitaliers sont en forte tension. "Je comprends que la situation épidémiologique semble s'améliorer et c'est heureux", a salué M. Castex après une visite du centre interministériel de crise à Cayenne. La Guyane, toujours placée sous état d'urgence sanitaire, comme Mayotte, comptait dimanche 6.102 cas de coronavirus confirmés et 26 décès au total. Le pic de l'épidémie était attendu dans la deuxième quinzaine de juillet. Le directeur de crise Patrice Latron, arrivé jeudi de Paris, a précisé à l'AFP que "c'est probablement grâce aux mesures de couvre-feu que la situation se stabilise, notamment sur l'ouest de la Guyane et sur le littoral", mais "le centre de gravité de l'épidémie se déplace vers l'ouest, vers le fleuve Maroni". "La mobilisation de l'Etat et de l'ensemble des services publics n'est pas étrangère à cette situation" globale d'amélioration, même si "sans doute tout n'a pas été parfait", a admis le chef du gouvernement, ancien "Monsieur déconfinement" du président Emmanuel Macron. "La lutte contre l'épidémie suppose que le comportement de nos concitoyens (...) soit exemplaire pour éviter au virus de se propager" et "je peux comprendre l'impatience de la population guyanaise", a ajouté M. Castex, alors que certains quartiers ou certaines communes ont été reconfinés. "Pourtant il vous faudra rester vigilants", a-t-il averti. Depuis mai, en raison notamment de la proximité de la Guyane avec le Brésil voisin, fortement touché, le virus met à mal le système de santé déjà fragile. Les trois hôpitaux du territoire - les centres hospitaliers de Cayenne, Kourou et l'ouest guyanais -, déjà mobilisés pour des patients victimes de la leptospirose ou de la dengue, ont déclenché le week-end dernier leurs plans blancs. Plus d'une centaine de membres de la réserve sanitaire sont sur place et, vendredi, 22 militaires du service de santé des armées et du matériel de santé sont arrivés. (Belga)