Le gouvernement colombien a rejeté mercredi l'offre de cessez-le-feu de la principale guérilla du pays, l'ELN, qui avait fait valoir qu'une telle trêve, de trois mois, faciliterait les efforts pour aider les victimes de la pandémie de coronavirus.La proposition de l'Armée de libération nationale (ELN) ne reflète pas "une réelle volonté de paix", a estimé le commissaire à la paix Miguel Ceballos dans des commentaires diffusés mercredi dans le programme d'information Noticias Caracol. Dans une déclaration mardi, la guérilla de gauche avait fait écho à l'appel à un cessez-le-feu mondial pour lutter contre la pandémie que le Conseil de sécurité de l'ONU avait lancé le 1er juillet. Elle a proposé une trêve de 90 jours, affirmant que cela favoriserait les efforts humanitaires et la relance des pourparlers de paix. Ces derniers avaient commencé sous le précédent président Juan Manuel Santos mais son successeur, Ivan Duque, est réticent à les poursuivre. Il les a d'ailleurs complètement suspendus après que l'ELN eut revendiqué la responsabilité d'un attentat à la bombe qui a tué 22 étudiants d'une école de police de Bogota en janvier 2019. Ivan Duque a rejeté l'offre de cessez-le-feu mardi, exigeant que le groupe libère d'abord les otages qu'il détient et "mette fin à ses actes criminels". L'ELN a déclaré un cessez-le-feu unilatéral pour le mois d'avril afin de soutenir la lutte contre la pandémie. Ce groupe, qui compte plus de 2.000 combattants, est le principal mouvement de guérilla restant en Colombie après que le gouvernement a signé un accord de paix avec les Farc, beaucoup plus importantes, en 2016. Fondée en 1964, l'ELN est accusée de se financer par le trafic de drogue, les enlèvements et l'exploitation minière illégale. Le conflit armé en Colombie a fait plus de 260.000 morts depuis 1958, selon le Centre national de la mémoire historique. Le président Duque a prolongé mardi le confinement national jusqu'au 1er août alors que le nombre d'infection au coronavirus ne fait qu'augmenter dans le pays. (Belga)