La famine pourrait tuer jusqu'à 12.000 personnes par jour d'ici la fin de l'année en raison des impacts économiques et sociaux de la pandémie du nouveau coronavirus, alerte Oxfam dans un rapport publié jeudi. L'ONG souligne que la faim ferait ainsi davantage de victimes que le Covid-19. La pandémie de Covid-19 "met à mal un système alimentaire mondial déjà vacillant, exposant des millions de personnes supplémentaires à la famine", pointe Oxfam dans son rapport intitulé "Le virus de la faim". Les conséquences néfastes du virus en matière sociale et économique pourraient pousser 121 millions d'individus en plus dans l'insécurité alimentaire, selon l'ONG. En cause: le chômage de masse, une production alimentaire perturbée et un déclin des financements de l'aide humanitaire, liste l'organisation non gouvernementale. Oxfam identifie dix foyers de "famine extrême" où la crise alimentaire est particulièrement aigüe et s'empire à cause de la pandémie: le Yémen, la République démocratique du Congo, l'Afghanistan, le Venezuela, le Sahel et les pays d'Afrique de l'Ouest, l'Éthiopie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Syrie et Haïti. L'ONG s'inquiète également de foyers émergents tels que l'Inde, l'Afrique du Sud ou le Brésil. Les femmes et les ménages dirigés par des femmes sont davantage exposées à la faim, relève encore le rapport. Productrices et travaillant dans le secteur alimentaire, elles jouent pourtant un rôle essentiel. Cette situation vulnérable s'ajoute aux inégalités systémiques que subissent les femmes, qui gagnent moins et possèdent moins d'actifs que les hommes, ajoute Oxfam. Elles représentent en outre une part importante des groupes les plus touchés par la pandémie, comme la main d'œuvre informelle, et doivent absorber la hausse du travail de soin non rémunéré, avec la fermeture des écoles notamment. Pour sauver ces millions de vies menacées par la famine, Oxfam demande aux gouvernements du monde entier de soutenir l'appel humanitaire des Nations unies et de s'assurer que l'aide atteigne ceux qui en ont le plus besoin. Elle plaide également pour l'annulation de la dette des pays en développement, ce qui leur permettra de libérer des fonds en faveur des soins de santé et de la protection sociale. (Belga)