Le réalisateur sud-coréen Kim Ki-duk, mondialement reconnu pour ses oeuvres imprégnées de violence mais aussi accusé d'avoir abusé d'actrices, est décédé jeudi du Covid-19 en Lettonie, à l'âge de 59 ans.Kim Ki-duk a acquis une renommée mondiale en dessinant un portrait audacieux de la violence extrême et de la brutalité humaine, dans des films riches en allégories, mais il a été accusé aussi d'inconduite à l'égard d'actrices. Le réalisateur n'a jamais répondu de ces accusations. "Son talent de conteur nous manquera", a estimé Alberto Barbera, le directeur de la Mostra, célèbre festival de cinéma sur la lagune, à Venise, qui avait distingué le cinéaste. "Ses films continueront d'alimenter notre imaginaire et, je l'espère, celui des spectateurs de demain". Il a obtenu en 2012 le Lion d'Or du meilleur film au festival de Venise pour "Pieta" ou encore l'Ours d'argent à Berlin pour "Samaria" en 2004. "On sait de la part de personnes avec qui il était resté en contact qu'il est décédé dans un hôpital de Riga vers 01H30 du matin", a-t-elle ajouté,sans être en mesure de fournir davantage de détails. Selon Mme Rietuma, le réalisateur coréen effectuait une visite privée en Lettonie et aucun tournage n'y était prévu. Artur Veeber, producteur basé en Estonie, a déclaré à l'AFP que tous deux travaillaient sur un nouveau projet et que Kim Ki-duk devait retourner à la mi-décembre en Estonie pour une rétrospective à l'occasion de son soixantième anniversaire. Le réalisateur est décédé neuf jours avant son anniversaire. Ses films, dont beaucoup comportent des scènes de violences à l'encontre d'hommes comme de femmes, ou montrent des viols de femmes, ont divisé le public, certains l'accusant de misogynie et d'autres saluant sa création et la représentation d'un milieu social rarement observé au cinéma. Il a dirigé plus de 20 films dont "Printemps, Eté, Automne, Hiver ... et Printemps", un film d'une sérénité inhabituelle qui explore le cycle de la vie à travers l'existence d'un moine bouddhiste. (Belga)