Les coronavirus saisonniers (sCoV) peuvent parfois être associés à des manifestations sévères, conduisant à une hospitalisation jusqu'aux soins intensifs, voire au décès, selon un article publié dans The Lancet Microbe par des chercheurs, a fait savoir jeudi l'Université Libre de Bruxelles. L'ULB a contribué à cette étude réalisée en Belgique entre 2015 et 2020.Si le Covid-19 est l'illustration majeure des coronavirus, d'autres circulent de manière saisonnière, causant des maladies respiratoires parfois graves. L'étude réalisée en Belgique entre 2015 et 2020 a porté sur 2.573 malades en "soins primaires" et 6.494 hospitalisations au cours des cinq derniers hivers. La prévalence d'infections au sCoV était de 6,3% en soins primaires et 5,7% en hospitalisation. Souvent considérés comme bénins (un simple rhume), ces coronavirus saisonniers peuvent pourtant être associés à des manifestations sévères et représentent alors un fardeau sur les soins de santé. Le virus OC43, l'un des coronavirus saisonniers, a conduit le plus à l'hospitalisation d'enfants de moins de 5 ans et d'adultes de plus de 65 ans, ont fait remarquer les chercheurs. Pour les malades hospitalisés, 73,3% des cas amenant à des complications (pneumonie, syndrome de détresse respiratoire aigu...) voire au décès présentaient au moins un facteur de risque potentiel. Les causes de complication varient selon les âges: chez les enfants de moins de 5 ans, elles sont en majorité dues à une co-infection par un autre virus respiratoire tandis que chez les adultes de plus de 65 ans, les complications sont liées à des facteurs de co-morbidité préexistants (et non à une co-infection). Les chercheurs suggèrent que ces âges sont clés et devraient donc être observés dans les soins de santé et les stratégies de vaccination. Ils insistent aussi sur l'importance de prendre en compte les co-infections chez les enfants lors du diagnostic et du traitement. (Belga)