Une première audience aura lieu mercredi au tribunal de première instance de Bruxelles dans la procédure en référé qu'a entamée le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) pour forcer l'État belge à élargir l'octroi de l'allocation mensuelle "corona" de 50 euros. Via cette action en "défense de l'intérêt collectif", le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté et ses homologues des autres régions veulent faire reconnaître que le gouvernement discrimine en n'octroyant ce coup de pouce financier qu'à certaines catégories de personnes en difficultés.En juin dernier, face au marasme économique et social lié à la pandémie de Covid-19, le "superkern" fédéral avait annoncé une "aide sociale complémentaire" exceptionnelle, pour certaines personnes vulnérables: 50 euros par mois pendant 6 mois pour les bénéficiaires d'un revenu d'intégration sociale, les personnes recevant une allocation pour handicap et les pensionnés bénéficiant de la Grapa. Un geste bienvenu bien que nettement insuffisant, selon le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) et le BAPN, qui le représente au niveau fédéral. Cette aide laisse surtout de côté toute une série de personnes qui ne rentrent pas dans les cases administratives visées mais qui subissent pourtant un appauvrissement critique des suites de la crise, pointent les associations. "Ce sont les personnes en indemnité d'incapacité de travail totale, les chômeur.euse.s en fin de dégressivité, les jeunes dépendant d'allocations d'insertion, les plus basses pensions et les travailleur.euse.s pauvres qui elles et eux aussi méritent d'être soutenu.e.s par le gouvernement fédéral pour faire face à la crise sanitaire et sociale la plus grave depuis la Deuxième guerre mondiale", exposent-elles mardi. La perte de contrats intérimaires, de contrats ALE ou autres, la suspension de toute une "économie informelle" du fait du confinement et de la crise, la hausse des prix des dentées, etc., ont eu un impact sur ces citoyens qui vivaient parfois déjà sous le seuil de pauvreté. Via l'action en référé dont l'audience introductive aura lieu mercredi, "nous essayons de faire reconnaitre cette discrimination et d'obtenir qu'elle soit réparée", explique Merlin Gevers, chargé de mission au RWLP. Le juge écoutera les représentants des parties, devra juger de la recevabilité et de l'urgence invoquée, pour ensuite rendre son ordonnance "d'ici un mois", avec d'éventuelles mesures provisoires que le RWLP espère aller dans son sens. (Belga)