Les salles de cinéma ont pu observer une nette différence par rapport à l'été passé depuis leur réouverture le 1er juillet. Le port du masque, le report de films et la distanciation sociale ont participé à fragiliser les salles obscures. Sans pouvoir avancer un bilan chiffré, la Fédération des cinémas de Belgique (FDB) estime que le secteur "accuse une grosse perte". C'est pourquoi les exploitants sont ravis du passage de la distance de sécurité à un mètre dans les lieux culturels dès le 1er septembre. Pour l'instant, les cinémas Le Parc, Le Churchill, Le Sauvenière et Le Caméo, gérés par l'ASBL Les Grignoux, ne peuvent atteindre que 33% de leur capacité maximale. "Ce n'est pas du tout rentable, mais il est essentiel de garder contact avec nos spectateurs", déclare Lo Maghuin, responsable de la communication au sein de l'ASBL. En ne laissant qu'un mètre de distance, c'est-à-dire un seul siège au lieu de deux, leurs salles pourront ainsi atteindre 50% de leur capacité. Même satisfaction du côté du cinéma Palace qui devait régulièrement refuser du monde ces derniers temps, notamment pour les films "Yakari" et "Tenet". Les cinémas dépendent également de l'offre de films limitée. "Le problème, c'est que les gros distributeurs américains, qui font 70 à 80% du box-office annuel dans les salles belges, reportent les films à l'automne, hiver ou même en 2021" déplore Thierry Laermans, secrétaire général de la FDB. De même, l'annulation pure et simple de la sortie en salle de "Mulan" est un "gros coup dur" pour plusieurs cinémas. Le cinéma Palace se dit toutefois moins touché par cette problématique. "Nous nous sommes rendus compte que pour le cinéma d'art et essai, ça a été moins douloureux que pour les grands groupes. Les amateurs d'art et essai sont quand même venus au cinéma en juillet et août et les chiffres que nous faisons maintenant sont vraiment encourageants", affirme Eric Franssen, directeur général du Palace. En attendant, "Tenet", sorti mercredi passé, suscite un réel engouement, selon les différents cinémas interrogés. "Tenet nous permet de revenir à des scores un peu plus raisonnables, mais ce n'est que tout récent", nuance toutefois Arnaud Pelecyn, directeur de Kinepolis Imagibraine. Celui-ci note également une différence de fréquentation par rapport à l'été 2019. "Les tous premiers jours de la réouverture ont été encourageants, mais c'était finalement un été très calme", ajoute-t-il. (Belga)