Les interventions de la Banque nationale suisse (BNS) se sont accrues sur le marché des changes en raison de la crise liée au nouveau coronavirus, déclare son patron. Il ne considère toutefois pas une baisse des taux d'intérêt comme le meilleur outil actuellement."Nous avons encore de la marge de manœuvre si nécessaire, mais nous nous concentrons aujourd'hui sur les interventions sur le marché des changes", précise Thomas Jordan dans un entretien diffusé dimanche par plusieurs médias du groupe de presse Tamedia. La situation mondiale actuelle a entraîné une "énorme pression" sur le franc suisse, considéré comme une valeur refuge, explique le président de la BNS. "Avec la crise du coronavirus, nos interventions sur les marchés des changes se sont accrues. Nous avons acheté des montants substantiels de devises étrangères." M. Jordan ne voit aucune alternative à la politique monétaire actuelle. "Ce n'est pas que nous soyons heureux des taux d'intérêt négatifs", mais "nous les relèverons dès que les circonstances le permettront". Pour l'instant, poursuit-il, le taux d'intérêt de -0,75% est nécessaire pour éviter des effets négatifs plus importants sur l'économie suisse. Interrogé sur le déconfinement progressif lancé en Suisse, M. Jordan estime que "cela fait sens" qu'il commence maintenant. Il juge en outre que limiter le chômage est aussi "un élément essentiel pour le pays". (Belga)