Londres et Dublin ont exprimé vendredi leur préoccupation après les restrictions de l'Union européenne imposées aux livraisons de vaccins contre le coronavirus en Irlande du Nord, une décision passant outre l'accord sur cette province britannique conclu dans le cadre du Brexit.Michael Gove, le ministre chargé de la coordination de l'action gouvernementale, a exprimé auprès du vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic "la préoccupation du Royaume-Uni à propos de l'absence de notification de l'UE concernant ses mesures en lien avec le protocole nord-irlandais", a indiqué un porte-parole de Downing Street. "Il a indiqué que le Royaume-Uni allait maintenant considérer attentivement les prochaines étapes", a-t-il ajouté. Confrontée à des retards de livraisons du vaccin du laboratoire AstraZeneca, l'UE a mis sur pied un mécanisme pour contrôler les acheminements hors de l'UE des vaccins contre le Covid qui y sont produits et interdire les exportations non "légitimes". Un texte adopté vendredi par les Européens prévoit de considérer l'Irlande du Nord comme un territoire d'exportation pour ce qui concerne les vaccins. Cela va à l'encontre du protocole nord-irlandais conclu dans le cadre du Brexit, destiné à éviter le retour d'une frontière et de contrôles douaniers entre l'Irlande, membre de l'UE, et cette province britannique. Mais l'UE invoque un article qui lui permet de suspendre ce protocole si son application "entraîne de graves difficultés économiques, sociétales ou environnementales". A Dublin, un porte-parole du Premier ministre irlandais Micheal Martin a indiqué que ce dernier était "en discussion avec (la présidente de la Commission européenne) Ursula von der Leyen pour faire part de ses inquiétudes à ce sujet", selon la chaîne RTE. "Nous travaillons avec la Commission européenne pour tenter de résoudre ce problème et protéger l'intégrité et le fonctionnement du protocole nord-irlandais", a précisé le chef de la diplomatie irlandaise, Simon Coveney, sur Twitter. La Première ministre nord-irlandaise, Arlene Foster, a elle évoqué dans un communiqué "un acte hostile incroyable". "A la première occasion, l'UE a établi une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande concernant la chaîne d'approvisionnement du vaccin contre le coronavirus", a-t-elle ajouté, demandant au Premier ministre britannique Boris Johnson d'intervenir. Colum Eastwood, le chef du parti nationaliste social-démocrate nord-irlandais (SDLP) a estimé qu'il s'agissait d'une "erreur grave et disproportionnée" de la part de l'UE. (Belga)