Les affrontements intercommunautaires qui se sont déroulés de lundi à mercredi à Dabou, à 50 km à l'ouest d'Abidjan, ont fait 16 morts et 67 blessés, selon un nouveau bilan du gouvernement samedi, à une semaine de l'élection présidentielle.Le gouvernement annonce également dans son communiqué l'interpellation de "52 individus" et la saisie de 12 fusils et 70 machettes, après ces "incidents d'une extrême gravité". Le précédent bilan communiqué vendredi par le maire de la ville faisait état de 11 morts. Le département de Dabou est sous couvre-feu jusqu'à dimanche. Le calme est revenu depuis jeudi dans la ville. Selon des habitants, de premiers troubles avaient commencé lundi et dégénéré en affrontements intercommunautaires mardi entre Adioukrous, une ethnie locale réputée favorable à l'opposition, et Dioulas, ethnie originaire du nord, réputée pro-pouvoir. La situation s'était ensuite aggravée avec l'utilisation d'armes automatiques, selon plusieurs témoins. Selon le gouvernement, "les premières investigations ont révélé que ces actes ont été suscités, avec la présence d'individus non résidents dans la localité qui ont indistinctement porté atteinte à l'intégrité physique et aux biens des membres des deux communautés en ayant pour sombre dessein de créer un conflit intercommunautaire". "Les investigations se poursuivent" pour interpeller les auteurs de ces actes ainsi que les commanditaires, poursuit le gouvernement, sans plus de détails. Une trentaine de personnes sont mortes depuis le mois d'août dans des violences liées à la présidentielle du 31 octobre. Au pouvoir depuis 2010, le président Alassane Ouattara se présente à un troisième mandat controversé, tandis que les candidatures de plusieurs figures de l'opposition ont été invalidées. Le pays a basculé dans une crise préélectorale avec des explosions de violences dans plusieurs villes de province depuis le mois d'aout, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara. Survenant après une décennie de tensions qui avaient coupé le pays en deux, elle avait fait 3.000 morts. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a déploré vendredi "les graves violences" en Côte d'Ivoire et exprimé "son inquiétude devant le manque de consensus entourant le processus électoral". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était déjà inquiété jeudi "de la situation tendue en Côte d'Ivoire avant l'élection présidentielle". (Belga)