Face à la bronca de certains parents, à un avis contraire des pédiatres et à un rappel à l'ordre de la ministre de l'Enseignement Caroline Désir, la commune de Courcelles a finalement décidé de nuancer l'obligation du port du masque dans les écoles de l'entité dès 6 ans. Si cette mesure reste officiellement d'application, elle est désormais assortie de différentes exceptions, dont celle liée au refus de la part des parents, priés dans ce cas de compléter une "attestation de responsabilité parentale"."Nous maintenons l'obligation du port du masque dès 6 ans dans nos écoles mais adaptée en fonction de l'analyse des avis de parents concernés par l'enseignement courcellois et que nous avons retenus comme étant objectifs", précise la commune, dimanche, sur sa page Facebook. "Le port du masque est obligatoire en classe, dans le local de garderie, dans la salle de dîner, dès 6 ans, dans les écoles situées sur le territoire de Courcelles; EXCEPTE si un parent s'y oppose par écrit pour son enfant en complétant l'attestation de responsabilité parentale qui lui sera fournie; si la leçon le nécessite; durant le temps nécessaire à la prise d'un repas froid, d'une boisson, d'une collation et si l'enfant mentionne qu'il ressent le besoin de lever le masque pour raison de santé", détaille-t-elle. Samedi, Pierre Smeesters, infectiologue et chef du service de pédiatrie de l'Hôpital Reine Fabiola, avait estimé, sur la RTBF, qu'imposer le masque dès 6 ans constitue "une mauvaise mesure". "Pour les 6-12 ans, il n'y a pas de signaux d'une transmission significative. L'efficacité du port du masque par ces tranches d'âge n'est pas démontrée. Il n'y a pas de raison objective d'imposer le masque dans cette tranche d'âge et il y a même des données qui montrent que ça peut être difficile à implémenter", avait-il expliqué. Quant à la ministre Désir, elle a envoyé un courrier à Caroline Taquin, la bourgmestre de Courcelles, l'enjoignant de se conformer à la circulaire organisant la vie scolaire en contexte de crise sanitaire. "Votre décision porte atteinte de manière disproportionnée à l'équilibre établi, avec les dangers que cela comporte en termes de santé mentale et de développement psychosocial des enfants (un des nombreux facteurs définis par l'OMS dont vous ne semblez pas vouloir tenir compte) et sans qu'un gain réel puisse être obtenu sur le plan de la santé publique", écrit notamment Caroline Désir dans une lettre relayée par la RTBF. "Vous ne démontrez d'ailleurs pas en quoi la transmission du virus dans l'entité de Courcelles et dans chacune de ses écoles serait à ce point intense qu'elle nécessite des mesures beaucoup plus restrictives que dans l'ensemble des autres écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce qui renforce le caractère disproportionné de la mesure", ajoute-t-elle. (Belga)