Le Premier ministre Alexander De Croo a appelé jeudi les parlementaires à dépasser le clivage majorité-opposition dans le débat sur la future loi pandémie. Ce texte de la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, sera présenté à la Chambre vraisemblablement à la fin du mois ou au début du mois prochain.Depuis le début de la pandémie, le gouvernement travaille par arrêtés ministériels pris sur base de la loi sur la sécurité civile de 2007 et la loi sur la fonction de police de 1992. Vu la longueur de la crise et les restrictions de libertés fondamentales qu'elle a nécessitées, de plus en plus de voix s'élèvent néanmoins en faveur d'un cadre légal en bonne et due forme, précédé d'un débat parlementaire, afin d'encadrer les mesures prises. Le Premier ministre et la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux, en ont discuté mercredi. M. De Croo a fait une ouverture en proposant d'incorporer les apports parlementaires avant l'envoi de l'avant-projet de loi au Conseil d'Etat. Il s'est également engagé à ce que les arrêtés puissent être soumis au parlement. "Ce que l'on fait ici a un caractère exceptionnel. J'espère que l'on sera à la hauteur pour unir nos forces et nos convictions", a souligné M. De Croo en réponse à des questions orales. Tant dans la majorité que dans l'opposition, on s'est dit prêt à saisir la main tendue. "Il était temps de changer de cap", a souligné Claire Hugon (Ecolo-Groen) en insistant sur la nécessité d'un débat public qui permettra à la population de s'approprier plus facilement les mesures. "Nous prenons la main tendue", a dit François De Smet qui regrette toutefois le temps mis par le gouvernement à réagir. "Vous nous présentez comme la 8e merveille du monde ce qui devrait être la norme. L'anomalie, c'est ce que nous vivons depuis des mois". La prudence est de mise, notamment dans la majorité. Le MR a exprimé ses inquiétudes devant le risque de figer dans un texte utilisable pour d'autres crises la possibilité de restreindre les libertés. "Il est heureux que vous appeliez de vos voeux un débat parlementaire mais soyons attentifs, certaines dictatures restreignant les libertés fondamentales ont été instaurées par des majorités parlementaires. Le groupe MR ne veut pas d'une loi qui installerait des restrictions à nos libertés de manière pérenne en réponse à des évènements futurs et incertains", a souligné Nathalie Gilson (MR). Le cdH a appelé à entendre la société civile avant de légiférer. La N-VA a annoncé quant à elle le dépôt d'un texte. (Belga)