Environ 2.000 personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, ont manifesté mercredi matin entre 08h00 et 11h00 sur la petite rue de la Loi, au coeur des institutions européennes à Bruxelles, pour dénoncer les attaques de l'Azerbaïdjan contre l'Arménie. Des groupes de manifestants ont poursuivi la mobilisation en bloquant la circulation sur les avenues d'Auderghem et de de Cortenbergh et à l'entrée du tunnel Loi. Les tunnels Cinquantenaire, Tervueren et Loi ont été fermés en direction du centre. Les manifestants sont venus de différents pays limitrophes. Ils ont été répartis en 5 groupes de 400 personnes. Quelques fumigènes et feux de Bengale ont été allumés. Des discours ont été prononcés, notamment par les députés européens Peter van Dalen et François Alfonsi ainsi que par des représentants de religion. Les manifestants appellent l'Union européenne à sortir de son silence et à dénoncer l'agresseur. "Après le dernier sommet européen, un communiqué appelant à la désescalade a été publié", commente Nicolas Tavitian, président du Comité des Arméniens de Belgique qui a organisé le rassemblement. "Cela a l'air d'aider, mais le message que l'agresseur comprend est qu'on ne va pas s'en mêler. Bien sûr tout le monde est pour la paix - ce n'est pas la peine de le dire - mais pour montrer le chemin vers la paix, il faut nommer l'agresseur. Le président français Emmanuel Macron l'a fait et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a eu un geste intéressant hier en allant rencontrer le président turc pour lui demander de jouer un rôle constructif. On peut l'interpréter comme une manière de dire à la Turquie de ne pas s'impliquer plus loin que ce qu'elle ne l'a déjà fait". Les manifestants se disent déterminés à revenir dans des délais courts, car ils pensent impossible que l'avancée et la prise des territoires se fassent de manière sereine et dans le respect des populations. "Le génocide des Arméniens remonte à plus de 100 ans, mais le discours contre les Arméniens reste fort en Turquie et il est encore plus extrême en Azerbaïdjan", continue Nicolas Tavitian. "Les Arméniens le savent très bien et ils vont combattre avec tout ce qu'ils ont. Des populations civiles se font bombarder dans les coeurs des villes avec des bombes à fragmentation, qui sont interdites par les lois internationales. On veut que les crimes de guerre soient dénoncés maintenant, pas après la guerre". (Belga)