Des milliers d'Européens "vulnérables" vivant au Royaume-Uni risquent de perdre leurs droits à cause du Brexit, ont averti jeudi des militants de l'association The3Million qui défend les intérêts des citoyens européens au Royaume-Uni.Les règles en matière d'immigration changent pour les Européens qui arrivent dans le pays à partir de 2021. Ceux qui y habitent déjà peuvent conserver leurs droits après avoir demandé un statut de résident. Selon les chiffres officiels, 3,9 millions de demandes avaient été effectuées fin septembre, 56% des demandeurs recevant le statut de "résident permanent" ("settled status" en anglais), accordé aux personnes ayant vécu une période continue d'au moins cinq ans sur le territoire britannique, ce qui leur permettra de continuer à travailler et bénéficier de prestations sociales après le Brexit. Un "pre-settled status" a été attribué à 42% d'autres qui résident au Royaume-Uni depuis moins longtemps. Ce statut leur permet de rester cinq ans supplémentaires dans le pays et de postuler pour le statut permanent une fois le seuil de cinq ans de résidence atteint. Les 2% restants correspondent à des demandes retirées ou refusées. Mais The3Million craint que les personnes âgées ou malades et les travailleurs précaires ou sans accès à internet ne passent à travers les mailles du filet et n'effectuent pas leur demande avant juin 2021. "Derrière le grand nombre de demandes (...) il y a un nombre important de personnes qui ne connaissent pas leurs droits" ou pour qui la démarche est compliquée à effectuer car ils sont en maisons de retraite, familles d'accueil ou dans d'autres situations d'isolement, a expliqué lors d'une conférence de presse Alexandra Bulat de The3Million. S'il est difficile d'évaluer leur nombre, une enquête menée l'année dernière par l'association a montré que 7% des résidents européens au Royaume-Uni ne pensaient pas faire la démarche, a déclaré à l'AFP Maike Bohn, co-fondatrice du groupe. "S'il y a plus de 4 millions d'Européens dans le pays, 7% est un nombre très élevé, je pense qu'il y a des milliers de gens qui vont passer à côté", a-t-elle déclaré. Faute d'avoir effectué la démarche, des mineurs ayant la nationalité européenne mais dépendant d'adultes qui ne l'ont pas risquent d'être expulsés si leurs tuteurs le sont, a prévenu Tahmid Chowdhury de l'Association Here for Good Law, estimant que "300 ou 400 enfants européens sont dans une situation extrêmement vulnérable". Ils risquent aussi de perdre l'accès gratuit au service de santé publique britannique. The3Million exige des garanties du gouvernement britannique pour éviter que ces personnes deviennent irrégulières en juillet. (Belga)