Des milliers de Palestiniens ont manifesté mercredi dans la ville de Gaza contre le plan américain pour le Proche-Orient, qui prévoit l'annexion par Israël de territoires en Cisjordanie occupée. Le gouvernement israélien doit en principe se prononcer à partir de ce mercredi sur la mise en oeuvre du plan, qui prévoit aussi la création d'un Etat palestinien démilitarisé sur un territoire morcelé et sans Jérusalem-Est pour capitale. A Gaza, enclave palestinienne située à une cinquantaine de km de la Cisjordanie occupée, des milliers de personnes ont scandé des slogans contre le projet américain lors d'un rassemblement auquel a participé Yahya Sinouar, un des responsables du mouvement Hamas au pouvoir dans ce territoire. Les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Non à l'annexion" et "Palestinian lives matter" (La vie des Palestiniens compte), en référence au mouvement antiraciste "Black lives matter" parti des Etats-Unis, ont constaté des journalistes de l'AFP. Mercredi matin, le Hamas a lancé une vingtaine de roquettes d'essai vers la mer Méditerranée, en guise d'avertissement, ont indiqué à l'AFP des sources au sein du mouvement islamiste, impliqué dans trois guerres avec Israël depuis 2008. L'Etat hébreu impose depuis plus de 10 ans un strict blocus sur la bande de Gaza, pour, dit-il, contenir le mouvement armé. Un rassemblement contre le projet d'annexion a également eu lieu à Jéricho, plus grande ville palestinienne dans la vallée du Jourdain, et une autre manifestation est prévue à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne. Les Palestiniens tentent d'obtenir des appuis contre le projet israélien qui fait voler en éclats, selon eux, la solution "à deux Etats", une Palestine viable aux côtés d'Israël. Ils se disent prêts à relancer des négociations directes avec les Israéliens mais pas sur les bases du plan Trump. "Nous n'allons pas nous asseoir à une table de négociations où sont proposés l'annexion ou le plan Trump car il ne s'agit pas là d'un plan de paix, mais d'un projet pour légitimer l'occupation", a déclaré à l'AFP le négociateur des Palestiniens Saëb Erakat. (Belga)