Le président afghan Ashraf Ghani doit participer cette semaine à plusieurs visioconférences avec des responsables étrangers afin d'établir un consensus sur les pourparlers de paix avec les talibans, a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères. Trois conférences en ligne se tiendront sur ce thème, dont la première est prévue lundi, avec les représentants d'une vingtaine de pays, a déclaré Gran Hewad, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Elles visent à "bâtir un consensus" pour les pourparlers de paix au niveau régional et international, a-t-il poursuivi. Un cadre du ministère des Affaires étrangères afghan a confirmé cette initiative, à laquelle participeront notamment les Etats-Unis, le Pakistan, la Russie, l'Inde, l'Iran, la Chine, le Qatar, l'Egypte ainsi que l'Onu et certaines organisations internationales. Quelques heures avant la première réunion en ligne, le porte-parole de M. Ghani a toutefois reproché aux talibans une augmentation de la violence ces dernières semaines. "Il n'y a aucun obstacle de notre côté pour le processus de paix, mais nous voyons que les talibans ne sont pas sérieux", a déclaré Sediq Sediqqi à la presse. Kaboul a libéré "plus de 4.000" prisonniers talibans pour "réduire la violence dans le pays", mais celle-ci "n'a pas baissé", a-t-il ajouté. Le président Ghani a promis de libérer au total 5.000 prisonniers talibans contre un millier de membres des forces de sécurité afghanes tenus captifs par les insurgés, comme le stipule l'accord américano-taliban de Doha, non ratifié par Kaboul. Dans cet accord, signé fin février, Washington s'est engagé au retrait des troupes étrangères d'Afghanistan d'ici la mi-2021 en échange de garanties des talibans, notamment du démarrage d'un dialogue de paix. Si les talibans se sont déclarés à de multiples reprises "engagés" à respecter les termes de ce texte, ils imputent régulièrement le non-démarrage des discussions au gouvernement afghan, accusé de ne pas libérer assez vite leurs prisonniers. Kaboul "crée des obstacles" à la libération des 5.000 détenus et "devrait laisser le processus s'achever", a réagi lundi le porte-parole des talibans Zabihullah Mudjahid, interrogé par l'AFP. Les "prétextes" fournis par l'administration afghane ne sont "ni raisonnables ni logiques", a-t-il poursuivi. Les violences ont diminué dans le pays depuis que les talibans ont annoncé un cessez-le-feu de trois jours fin mai à l'occasion de la fin du ramadan. Mais les autorités afghanes affirment que les attaques des insurgés ont repris de plus belle ces dernières semaines. (Belga)