La "diplomatie coercitive" de la Chine à l'égard de certains pays et son approche en matière de droits humains sont contre-productives, a accusé mardi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.Le chef du gouvernement a une nouvelle fois dénoncé la détention "arbitraire" de deux Canadiens en Chine, ainsi que celle d'autres ressortissants étrangers, estimant qu'elles sont le fruit d'une "diplomatie coercitive" et d'une "tactique" mal vues par le Canada et ses alliés. Il a également critiqué l'approche de la Chine en matière "de droits humains, que ce soit pour les Ouïgours ou les citoyens de Hong Kong", affirmant qu'elle "préoccupe énormément" le Canada. M. Trudeau a tenu ces propos alors que les deux pays marquaient mardi le cinquantième anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques et au moment où l'ambassadeur canadien en Chine vient d'avoir un contact "virtuel" avec l'ex-diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor, le premier pour les deux hommes depuis le mois de janvier. MM. Kovrig et Spavor sont emprisonnés en Chine depuis le 10 décembre 2018. Ils ont été inculpés d'espionnage en juin dernier. Leur détention "a mis à rude épreuve les relations entre le Canada et la Chine", a souligné M. Trudeau lors d'un point presse. "Nous allons continuer à travailler avec nos alliés dans le monde entier pour faire comprendre à la Chine que son approche des affaires intérieures et des affaires étrangères n'est pas particulièrement productive pour elle ou pour nous tous", a-t-il dit. La détention des deux Canadiens est considérée en Occident comme une mesure de rétorsion, après l'arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei. Mme Meng avait été interpellée en décembre 2018 à la demande des États-Unis qui l'accusent d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran et demandent son extradition. (Belga)